Violences xénophobes en Afrique du Sud : 130 Nigérians demandent leur rapatriement

Un pasteur tient une croix de bois lors d'une marche contre la xénophobie à Johannesburg, en Afrique du Sud, le jeudi 17 juillet 2025   -  
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Au moins 130 citoyens nigérians résidant en Afrique du Sud se sont déjà inscrits pour bénéficier d’un programme de rapatriement aérien mis en place par leur gouvernement, a annoncé la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes liées à des manifestations à caractère xénophobe dans plusieurs grandes villes sud-africaines.

Selon Abuja, ces inscriptions constituent les premières demandes enregistrées dans le cadre d’un dispositif de retour volontaire destiné à protéger les ressortissants nigérians. La ministre a précisé que ce chiffre pourrait augmenter, alors que les craintes d’une escalade des violences se multiplient.

Des rassemblements organisés récemment à Pretoria et Johannesburg ont réclamé un durcissement de la lutte contre l’immigration irrégulière, certains manifestants accusant les étrangers sans papiers de peser sur l’emploi, la sécurité et les services publics. Ces mobilisations ont ravivé un débat sensible dans le pays, où les étrangers sont régulièrement désignés comme boucs émissaires des difficultés économiques.

Dans ce climat tendu, le gouvernement du président Bola Tinubu a ordonné un renforcement de la surveillance diplomatique et sécuritaire. Abuja a également convoqué le haut-commissaire sud-africain et engagé des discussions avec les autorités de Pretoria afin d’exprimer sa « profonde inquiétude » et d’exiger des garanties pour la protection de ses ressortissants.

La présidence nigériane dit suivre la situation « avec la plus grande attention », tandis que les missions diplomatiques sur place coordonnent l’identification des citoyens souhaitant être rapatriés.

Ces tensions surviennent alors que le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné les violences visant les étrangers, tout en appelant au respect des lois locales. Malgré ces déclarations, plusieurs organisations de défense des migrants dénoncent des agressions et un climat d’hostilité persistant.

Selon des autorités nigérianes, deux ressortissants auraient récemment perdu la vie dans des incidents impliquant des forces de sécurité sud-africaines, des faits qualifiés d’« inacceptables » par Abuja, qui réclame des enquêtes approfondies et des poursuites judiciaires.

Alors que de nouvelles manifestations sont annoncées entre le 4 et le 8 mai, le Nigeria affirme maintenir une vigilance renforcée et n’exclut pas d’autres mesures diplomatiques si la situation venait à se détériorer davantage.

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