Afrique australe : le mégapont Senqu au cœur d’un projet hydrique majeur

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, au Brésil, le lundi 9 mars 2026.   -  
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L’Afrique du Sud et le Lesotho s’apprêtent à mettre en service le pont Senqu, un ouvrage transfrontalier d’envergure situé dans le district montagneux de Mokhotlong, au nord-est du Lesotho.

D’un coût estimé à environ 2,4 milliards de rands (près de 150 millions de dollars), cette infrastructure de 825 mètres de long et 90 mètres de haut s’inscrit au cœur d’une stratégie régionale mêlant connectivité routière et sécurité hydrique.

Conçu comme un maillon essentiel du programme des Hautes Terres du Lesotho — le Lesotho Highlands Water Project, lancé dans le cadre d’un traité bilatéral de 1986 — le pont Senqu constitue l’un des ouvrages majeurs de la phase II du projet. Il permettra notamment de franchir le futur réservoir de Polihali et de remplacer une infrastructure appelée à disparaître sous les eaux lors de la mise en eau du barrage.

Son inauguration, prévue conjointement par le président sud-africain Cyril Ramaphosa et le roi du Lesotho Letsie III, illustre la portée diplomatique et stratégique de cette réalisation. « Ce pont illustre ce dont l’Afrique est capable lorsqu’elle croit en elle-même », a déclaré le chef d’État sud-africain, saluant un esprit de coopération et de solidarité entre les deux pays.

Au-delà de sa fonction de transport, l’ouvrage s’inscrit dans une dynamique cruciale pour la région : celle de l’acheminement de l’eau depuis les hautes terres du Lesotho vers l’Afrique du Sud, en particulier vers les grands centres urbains et industriels. Chaque jour, une part significative de l’eau consommée à Johannesburg provient déjà du royaume montagneux.

Actuellement, le Lesotho exporte environ 780 millions de mètres cubes d’eau par an vers son voisin. Avec l’extension du programme, ces volumes pourraient dépasser 1,27 milliard de mètres cubes annuels, renforçant ainsi la sécurité hydrique d’une région confrontée à des tensions croissantes sur la ressource.

Pour le souverain lesothan, ce projet dépasse la seule dimension technique : il engage une vision de long terme. « La question n’est pas seulement ce qui a été accompli au cours des quarante dernières années, mais ce que nous construisons pour les quarante prochaines », a souligné Letsie III, appelant à davantage de rigueur et d’engagement dans les politiques de développement.

En attendant la mise en eau du barrage de Polihali, le pont Senqu s’impose déjà comme une prouesse d’ingénierie et un symbole de l’interdépendance croissante entre les deux États d’Afrique australe.

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