Attaque d’une église au Nigeria : la version de l’armée contestée

Des femmes pleurent la mort d'un proche à la suite d'une attaque, à Jos Nord, au Nigeria, le 30 mars 2026.   -  
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Samson Omale - Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

Une vive controverse secoue le nord du Nigeria après l’attaque d’une église survenue dans le village d’Ariko, situé dans le district de Kachia, dans l’État de Kaduna.

Dimanche, l’armée nigériane a affirmé avoir secouru 31 civils enlevés par des hommes armés lors de l’assaut, tout en faisant état de cinq morts sur les lieux.

Cette version a toutefois été fermement démentie lundi par la Christian Association of Nigeria (CAN), principale organisation représentative des chrétiens du pays. Son président pour la région nord, le révérend John Joseph Hayab, a contesté les déclarations de l’armée, assurant qu’aucune libération n’avait eu lieu à ce stade.

« Les militaires font de leur mieux pour obtenir leur retour, mais il n’est pas juste d’affirmer que les victimes ont été secourues », a-t-il déclaré. Il a également dénoncé une communication qu’il juge contre-productive, estimant que la diffusion d’informations inexactes risque de favoriser l’impunité des groupes armés.

Sur le terrain, les témoignages recueillis auprès des habitants vont dans le même sens. L’association locale de développement de Kurtumi a qualifié la version militaire d’« entièrement fausse » et « trompeuse ». Ancien chef du village d’Ariko, Iliya Audu a pour sa part affirmé qu’aucun otage n’avait été libéré, précisant que les funérailles des victimes s’étaient tenues lundi.

Selon lui, le bilan s’élèverait à sept morts, et non cinq comme annoncé par l’armée. « Nous revenons tout juste de l’enterrement des personnes tuées. Pas une seule âme n’a été sauvée », a-t-il déclaré.

Ni l’armée nigériane ni le quartier général de la défense n’avaient réagi à ces contestations lundi, malgré plusieurs sollicitations.

Cette affaire ravive les interrogations récurrentes sur la communication des autorités sécuritaires au Nigeria. La CAN avait déjà remis en cause, en novembre dernier, les chiffres officiels communiqués après l’enlèvement d’élèves d’une école catholique dans l’État de Niger.

Le pays fait par ailleurs l’objet d’une attention internationale croissante sur la question des violences visant les communautés chrétiennes, sujet sur lequel le gouvernement nigérian continue de rejeter toute accusation de persécution systématique.

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