Paul Kagame fustige les sanctions américaines et défend la posture de Kigali

Le président rwandais Paul Kagame, à gauche, et le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, le 4 décembre 2025, à Washington.   -  
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Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, publié vendredi, le président rwandais Paul Kagame a qualifié les sanctions américaines d’« insultes jetées à la face » de son pays et dénoncé la pression jugée excessive exercée par Washington sur Kigali, alors que Kinshasa bénéficierait d’un traitement plus « délicat ».

Début mars, les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée rwandaise en raison de son soutien au groupe antigouvernemental M23, qui a depuis 2021 pris le contrôle de larges portions de l’Est de la RDC, région riche en minerais mais marquée par des décennies de conflits.

Rwanda et RDC avaient signé en décembre un accord de paix sous l’égide de Washington, dans la dernière tentative américaine de mettre fin aux hostilités. Mais les combats ont perduré sur le terrain. Dans son entretien accordé à Jeune Afrique publié ce vendredi, Kagame a insisté : « Les sanctions et les menaces ne sont rien d’autre que des insultes jetées à la face de mon pays ».

Le chef d’État rwandais a souligné que son pays respectait « toutes ses obligations » issues de l’accord de Washington, tandis que la RDC ne les remplirait que « très partiellement, voire pas du tout ».

Début 2025, le M23 a lancé une offensive spectaculaire, s’emparant des grandes villes orientales de Goma et Bukavu. Quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix, le groupe a également pris Uvira, ville stratégique à la frontière avec le Burundi, provoquant une réaction américaine sévère.

Kigali affirme n’intervenir dans l’Est congolais que pour se protéger contre une milice ennemie formée par d’anciens Hutus impliqués dans le génocide des Tutsis de 1994.

« N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense tant que vous ne faites rien pour mettre un terme à ce qui menace mon pays », a averti Kagame dans cet entretien.

Parallèlement, le président rwandais a appelé les grandes compagnies pétrolières (Total, Exxon Mobil et Eni ) à « trouver comment financer la sécurité dont elles ont besoin » dans le nord du Mozambique, à Cabo Delgado, province riche en pétrole mais instable en raison de la présence de groupes djihadistes liés à l’État islamique. Kigali avait menacé le mois dernier de retirer ses troupes, présentes dans la région depuis 2021, si l’Union européenne, qui finance l’opération à hauteur de 40 millions d’euros, ne garantissait pas les fonds nécessaires.

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