À la Greenland Girls School, dans le comté de Kajiado au Kenya, de jeunes mères poursuivent leur scolarité avec détermination. Dans les salles de classe, elles s’investissent pleinement dans leurs études tout en assumant leur rôle de parent.
Kenya : une école de la seconde chance pour les mères adolescentes
Parmi elles, Valérie Wairimu, 19 ans, ne profite pas des pauses comme les autres élèves. Pendant la récréation, elle prend rapidement un en-cas avant de rejoindre son fils, Kayden Damien, qu’elle nourrit entre deux cours. Elle explique qu’après avoir découvert sa grossesse, elle ne savait pas vers qui se tourner, jusqu’à ce qu’elle apprenne l’existence de cette école dédiée aux mères adolescentes.
Avec ses 310 élèves et plus de 80 enfants, l’établissement offre une seconde chance à ces jeunes filles, loin de la stigmatisation. Selon son directeur, Paul Mukilya, beaucoup d’entre elles sont rejetées par leur famille et leur communauté en raison de leur grossesse précoce, ce qui rend leur parcours encore plus difficile.
Au Kenya, l’accès à l’éducation pour les mères adolescentes reste un défi majeur, dans un contexte de forte croissance de la population jeune. En 2024, plus de 125 000 naissances concernaient des adolescentes de moins de 19 ans, d’après les statistiques nationales.
Pour le Dr Githinji Gitahi, directeur général d’Amref Health Africa, chaque jeune fille ayant interrompu sa scolarité en raison d’une grossesse devrait pouvoir réintégrer le système éducatif. Il souligne l’importance de soutenir ce type d’écoles, qui contribuent à réduire les inégalités et à compléter les politiques publiques existantes.
Fondée en 2015, la Greenland Girls School a déjà permis à des centaines de jeunes femmes de se reconstruire et d’accéder à des carrières, notamment dans la fonction publique et le secteur médical. Face à ce succès, un second campus a été ouvert dans le comté de Kilifi, renforçant un modèle appelé à se développer.