Réunis à l’initiative du Royaume-Uni, près de quarante pays ont entamé des consultations sur une réponse coordonnée visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, axe vital du commerce énergétique mondial.
À l’initiative de Londres, 40 États se réunissent pour faire face au blocus iranien
Près de quarante États ont engagé, jeudi, des échanges en vue d’une action concertée destinée à rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, fermé de facto par l’Iran en représailles aux frappes américano-israéliennes menées depuis la fin du mois de février. Cette initiative, portée par Londres, intervient alors que les tensions géopolitiques font peser une menace directe sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Présidant une réunion virtuelle à laquelle participaient notamment la France, l’Allemagne, le Canada, les Émirats arabes unis et l’Inde, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a dénoncé l’« irresponsabilité » de Téhéran, estimant que le blocus du détroit portait atteinte à la sécurité économique internationale.
« Nous avons vu l’Iran détourner une route maritime internationale pour prendre l’économie mondiale en otage », a-t-elle déclaré lors de son allocution d’ouverture, avant la poursuite des discussions à huis clos.
Les États-Unis n’ont pas pris part à cette réunion, a précisé un responsable britannique. Cette absence survient au lendemain des déclarations du président américain Donald Trump, qui a estimé que la sécurisation de cette voie stratégique relevait avant tout de la responsabilité des pays qui en dépendent.
Le détroit d’Ormuz constitue un point névralgique du commerce mondial : environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole y transite. Sa fermeture a immédiatement provoqué une forte hausse des prix de l’énergie, poussant plusieurs capitales à envisager une réponse commune malgré leurs réticences initiales.
Les pays européens avaient, dans un premier temps, refusé la demande de Washington d’envoyer des forces navales dans la région, craignant une implication directe dans le conflit. Toutefois, la dégradation du contexte économique et les risques sur les marchés énergétiques ont conduit Londres et Paris à accélérer les consultations pour la mise en place d’une coalition.
Selon plusieurs diplomates européens, cette coalition n’en est encore qu’à un stade embryonnaire. Les discussions de jeudi visaient principalement à identifier les États disposés à participer à une éventuelle opération, qu’elle soit diplomatique, logistique ou militaire.
Le porte-parole des armées françaises, Guillaume Vernet, a souligné que le processus serait nécessairement progressif et qu’aucune avancée concrète ne pourrait être envisagée tant que les hostilités ne se seraient pas apaisées.
L’un des enjeux centraux des pourparlers concerne la restauration de la confiance des armateurs, afin de permettre la reprise du trafic maritime et de contenir la hausse des primes d’assurance dans la zone.
À terme, une forme de coordination avec l’Iran pourrait s’avérer indispensable pour garantir la sécurité des navires, même si une telle perspective paraît, à ce stade, hautement incertaine.
Des discussions ont également été engagées sur les moyens militaires susceptibles d’être mobilisés. « Nous devrons réunir un nombre suffisant de bâtiments, disposer de capacités de coordination aérienne et maritime, ainsi que d’une aptitude au partage de renseignements », a indiqué Guillaume Vernet.
Le Royaume-Uni a d’ores et déjà annoncé la tenue, la semaine prochaine, d’une réunion de planificateurs militaires afin d’examiner les modalités opérationnelles d’une éventuelle intervention.
Le président français Emmanuel Macron a, pour sa part, jugé qu’une prise de contrôle militaire du détroit constituait une option « irréaliste », estimant qu’une telle opération exposerait durablement les navires aux menaces côtières des Gardiens de la Révolution et aux missiles balistiques iraniens.