Algérie : L’ancien président Liamine Zeroual est décédé à l’âge de 84 ans

Le président algérien Liamine Zeroual s'adresse à ses partisans le 17 novembre 1995 à Alger.   -  
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L’Algérie est entrée en deuil après l’annonce du décès, samedi 28 mars, de Liamine Zeroual, ancien président de la République, mort à l’âge de 84 ans à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache d’Alger, des suites d’une longue maladie.

La présidence a décrété trois jours de deuil national, avec mise en berne des drapeaux sur l’ensemble du territoire et dans les représentations diplomatiques à l’étranger.

Ancien moudjahid et militaire de carrière, Zeroual aura marqué l’histoire contemporaine du pays en dirigeant l’Algérie durant l’une de ses périodes les plus sombres, la guerre civile des années 1990. Resté populaire malgré son retrait de la vie publique, il incarnait pour beaucoup une figure de stabilité dans un contexte de violence extrême.

Un homme de l’armée propulsé au sommet de l’État

Né le 3 juillet 1941 à Batna, Liamine Zeroual s’engage dès l’âge de 16 ans dans les rangs de l’Armée de libération nationale. Après l’indépendance, il poursuit une formation militaire en Égypte, en Union soviétique et en France, avant de gravir les échelons de l’Armée nationale populaire, où il occupe plusieurs postes de commandement stratégique.

En janvier 1994, en pleine “décennie noire”, il accède au pouvoir à la tête de l’État, dans un pays déchiré par une guerre opposant les forces de sécurité aux groupes islamistes armés. L’année suivante, il est élu président lors du premier scrutin pluraliste organisé dans ce contexte, avec une volonté affichée de restaurer l’ordre tout en amorçant une ouverture politique.

Gouverner dans la tourmente

Le mandat de Zeroual s’inscrit dans une période de violence intense, marquée par des dizaines de milliers de victimes. Confronté à des luttes internes au sommet de l’État, il tente de maintenir un équilibre délicat entre les partisans d’une solution exclusivement sécuritaire et ceux favorables au dialogue avec l’insurrection.

Parallèlement, son gouvernement engage des réformes économiques sous contrainte internationale, dans un climat social tendu. Éprouvé par ces défis multiples, il annonce en 1998 son retrait anticipé de la vie politique, une décision rare dans la région, ouvrant la voie à l’élection d’Abdelaziz Bouteflika en avril 1999.

Une retraite discrète, une mémoire respectée

Après son départ du pouvoir, Liamine Zeroual choisit de se retirer complètement de la scène publique. Fidèle à une posture de réserve, il ne s’exprime plus sur la vie politique, cultivant une image de dignité et de retrait.

Depuis dimanche, sa dépouille est exposée au Palais du Peuple à Alger, où officiels, anciens compagnons d’armes et citoyens se recueillent. Son inhumation est prévue à Batna, sa ville natale, après un dernier hommage national.

Figure centrale d’une période tragique, Liamine Zeroual laisse l’image d’un chef d’État confronté à l’extrême, ayant assumé le pouvoir dans la tourmente avant de s’en retirer volontairement. Un parcours singulier, du maquis de la guerre d’indépendance aux sommets de l’État, qui s’inscrit durablement dans l’histoire de l’Algérie.

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