Le Ghana et l’UE signent un partenariat sécuritaire inédit

La responsable des affaires étrangères de l'Union européenne, Kaja Kallas, s'adresse aux médias à Bruxelles, le mercredi 11 février 2026.   -  
Copyright © africanews
Harry Nakos - Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

Le Ghana et l’Union européenne ont conclu, mardi 24 mars, un partenariat de sécurité et de défense qualifié d’historique, marquant un approfondissement de leur coopération face aux défis sécuritaires régionaux.

L’accord a été signé dans la capitale ghanéenne par la vice-présidente Jane Naana Opoku-Agyeman et la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas.

Présenté comme le premier accord de ce type conclu par l’Union européenne avec un pays africain, ce partenariat vise avant tout à renforcer la coopération en matière de sécurité. Il couvre notamment la lutte contre le terrorisme, la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, la cybersécurité, la lutte contre la désinformation et la gestion des crises.

S’il comporte un volet de coopération en matière de défense, celui-ci demeure centré sur le renforcement des capacités, la formation et l’appui aux forces de sécurité. L’accord ne constitue pas une alliance militaire et ne prévoit ni clause de défense mutuelle ni engagement automatique en cas de conflit.

Appui concret aux capacités ghanéennes

Ce partenariat s’accompagne de mesures opérationnelles. L’Union européenne a déjà mobilisé environ 50 millions d’euros d’aide au Ghana depuis 2023, incluant la fourniture d’équipements tels que des drones de surveillance, des systèmes anti-drones et des moyens logistiques destinés aux forces de sécurité.

Ces dispositifs visent à renforcer la capacité du pays à prévenir les menaces et à sécuriser ses frontières, dans un environnement régional de plus en plus instable.

Un pays clé dans un environnement régional sous tension

La signature de cet accord intervient dans un contexte de dégradation sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Les pays côtiers du golfe de Guinée, dont le Ghana, sont désormais en première ligne face à la progression des groupes jihadistes actifs au Sahel, notamment depuis le Burkina Faso voisin.

Jusqu’à présent épargné par des attaques majeures sur son territoire, le Ghana demeure exposé à une menace croissante. Il joue un rôle actif dans les mécanismes régionaux de stabilisation, en particulier au sein de l’Initiative d’Accra, lancée en 2017 pour contenir la propagation de l’extrémisme violent vers les États côtiers.

Stratégie européenne de partenariats sécuritaires

Pour l’Union européenne, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de partenariats sécuritaires à l’échelle internationale. Dans un contexte marqué par la multiplication des crises et des tensions géopolitiques, Bruxelles cherche à renforcer sa capacité d’action en s’appuyant sur des partenaires jugés stables et fiables.

Le Ghana apparaît à ce titre comme un acteur clé, en raison de sa stabilité institutionnelle et de son engagement dans les opérations de maintien de la paix. Le pays accueille notamment un centre international de formation dédié à ces missions, soutenu par plusieurs partenaires internationaux.

Des responsables européens ont par ailleurs indiqué que d’autres États pourraient à terme conclure des accords similaires, signe d’une volonté d’élargir ce modèle de coopération.

Recomposition progressive des partenariats

Ce nouvel accord vient compléter des relations déjà étroites entre le Ghana et l’Union européenne, tant sur le plan économique que politique. Accra bénéficie notamment d’un accord de partenariat économique facilitant ses échanges avec le marché européen.

Dans une région marquée par l’émergence de nouvelles alliances sécuritaires, notamment autour de l’Alliance des États du Sahel, ce partenariat illustre une recomposition progressive des équilibres et des coopérations en Afrique de l’Ouest.

Voir sur Africanews
>