Trois semaines après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, dont les répercussions secouent les marchés énergétiques mondiaux, la raffinerie Dangote, fleuron industriel nigérian, a annoncé le lancement de ses exportations de carburants vers plusieurs pays africains.
Nigeria : la raffinerie Dangote entame ses exportations de carburant en Afrique
Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues sur les circuits d’approvisionnement, notamment via le détroit stratégique d’Ormuz, perturbé par le conflit.
Dans un communiqué publié dimanche, le groupe fondé par l’homme d’affaires Aliko Dangote a indiqué avoir écoulé douze cargaisons, représentant un total de 456 000 tonnes de produits pétroliers. Ces livraisons ont été destinées à plusieurs économies africaines, dont la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Tanzanie, le Ghana et le Togo.
Implantée à l’est de Lagos, capitale économique du Nigeria, cette infrastructure dispose d’une capacité de raffinage de 650 000 barils par jour. Un niveau de production qui lui permet désormais non seulement de couvrir la demande intérieure du pays, mais aussi de générer des excédents exportables. « La raffinerie Dangote devrait contribuer à renforcer la sécurité énergétique en Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Centre », souligne le groupe.
Selon un porte-parole interrogé, la montée des tensions internationales constitue le principal facteur déclencheur de cette réorientation. La hausse rapide des cours du brut et la multiplication des demandes extérieures, y compris hors du continent ont accéléré la mise en œuvre de cette stratégie d’exportation.
Premier producteur de pétrole du continent, le Nigeria subit lui-même les effets de cette conjoncture. À Lagos, le prix de l’essence a récemment bondi de 830 nairas à plus de 1 300 nairas le litre, contre seulement 195 nairas au début de l’année 2023. Une inflation énergétique qui pèse lourdement sur une population de plus de 230 millions d’habitants.
Lors du déclenchement du conflit, Dangote avait pourtant assuré vouloir privilégier le marché domestique afin d’éviter toute pénurie. Le groupe reconnaît toutefois ne pas être épargné par les chocs induits par la crise, notamment la hausse des coûts du brut, du transport et des assurances.