Congo : jour d'élection présidentielle, Sassou Nguesso face à six adversaires

Le président du Congo, Denis Sassou N'Guesso, à l'Élysée, à Paris, le 23 mai 2025.   -  
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La République du Congo se rend aux urnes ce dimanche pour élire un nouveau président, alors que le sortant, Denis Sassou N’Guesso, brigue un cinquième mandat consécutif. Il est âgé de 82 ans, au pouvoir depuis 42 ans cumulés.

Trois millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales pour ce scrutin, marqué par un certain découragement chez les jeunes, qui s’attendent à une nouvelle victoire de Sassou N’Guesso, et par un appel au boycott lancé par les partis d’opposition. Les bureaux de vote devraient fermer à 19 heures.

Six autres candidats de faible poids briguent le fauteuil suprême de ce pays d’Afrique centrale qui possède l’une des plus grandes réserves pétrolières d’Afrique subsaharienne. Mais marqué par un taux de chômage considérable et une déliquescence du système de santé, des pénuries d'eau. Le pays est aussi depuis des années plongé dans l'enfer des coupures de courant. Ce que contestent les partisans du président sortant qui jugent ''positif'', le bilan de leur '' bâtisseur infatigable''.

La campagne a mis en évidence un décalage considérable entre Sassou N’Guesso et ses adversaires, le président sortant étant le seul candidat à avoir parcouru le pays pour faire campagne. Les rues de la capitale, Brazzaville, sont pavées d’effigies de Sassou N’Guesso.

Des observateurs électoraux triés sur le volet

De nombreuses organisations de la société civile n'ont pas obtenu leur demandent d'accréditation pour l'observation du déroulement du scrutin. Elles doivent se contenter du système D, pour tenter de se faire une idée sur le déroulement du vote. Faisant craindre une élection à hui clos.

Sassou N’Guesso, candidat sous la bannière du Parti congolais du travail, est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1979 et a été remplacé en 1992 lorsqu’il a organisé les premières élections multipartites du pays. Il est revenu au pouvoir en tant que chef de milice à l’issue d’une guerre civile de quatre mois en 1997.

Un référendum constitutionnel organisé en 2015 a supprimé les limites d’âge et de mandats présidentiels, lui permettant ainsi de se présenter à nouveau.

Le pays est confronté à une dette extérieure élevée, qui s’élève actuellement à 94,5 % de son produit intérieur brut selon la Banque mondiale, ainsi qu’à un taux de chômage galopant chez les jeunes. Plus de la moitié des 5,7 millions d’habitants du pays vit dans la pauvreté et 47 % de la population a moins de 18 ans.

Cette élection s'inscrit dans une tendance récente qui voit des dirigeants africains octogénaires s'accrocher au pouvoir. Sassou N'Guesso est le troisième président africain ayant exercé le plus longtemps, derrière Paul Biya au Cameroun et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en Guinée équatoriale.

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