La ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, s’est réveillée sous le choc ce mercredi après une frappe de drone survenue vers 4 heures du matin. L’explosion, entendue dans plusieurs quartiers de la ville, a semé la panique parmi les habitants encore plongés dans leur sommeil. Le groupe armé AFC-M23, qui contrôle actuellement la ville, affirme que l’attaque a visé une résidence occupée par des agents des Nations unies. Selon ses responsables, la frappe aurait fait au moins un mort.
RDC : Goma sous le choc après une frappe de drone en pleine nuit
Dans une déclaration rendue publique quelques heures après l’incident, le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, accuse directement le gouvernement de Kinshasa d’être à l’origine de l’attaque. Selon lui, cet épisode s’inscrirait dans une série d’actions militaires qui, d’après le groupe rebelle, viseraient des zones habitées par des civils.
« Cet incident, c’est ce que nous disons tous les jours. Nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises : Tshisekedi et son régime attaquent les populations civiles au-delà des lignes de front. Il a bafoué le cessez-le-feu et nous a imposé une guerre qui prend pour cible les civils. Aujourd’hui, nous le voyons clairement : ici, les civils dormaient chez eux et à 4 heures du matin, il a lancé une bombe », a déclaré Lawrence Kanyuka.
Sur les lieux de l’explosion, les dégâts sont considérables. La résidence visée a été en grande partie détruite par l’impact. L’explosion a provoqué un incendie qui s’est rapidement propagé à une partie du bâtiment avant d’être maîtrisé par les sapeurs-pompiers.
Autour de la maison touchée, plusieurs habitations ont également subi des dégâts causés par le souffle de la déflagration. Des vitres ont été brisées, des murs fissurés et des débris projetés dans la rue.
Peu après l’attaque, des Casques bleus des Nations unies ont été déployés dans le quartier afin de sécuriser la zone et d’évaluer la situation.
Dans le voisinage, les habitants racontent une scène de panique. Réveillés en pleine nuit par la détonation, certains ont d’abord cru à un tremblement de terre ou à un bombardement généralisé.
Prince Akilimali, habitant du quartier, décrit une nuit marquée par la peur.
« On a eu trop peur. Certains d’entre nous se sont cachés dans la maison, d’autres sous les lits. C’est ainsi que ça s’est passé », raconte-t-il.
D’autres témoins évoquent la violence de l’explosion et la confusion qui a suivi. Isaac Baleke affirme avoir entendu plusieurs détonations avant de perdre connaissance sous le choc.
« C’était aux environs de 4h10 que j’ai entendu la première bombe tomber. Je ne savais pas où c’était tombé. Quand la deuxième est tombée, j’ai perdu connaissance sur place », explique-t-il.
À ce stade, les circonstances exactes de cette frappe restent encore floues. Les autorités de Kinshasa ne se sont pas encore officiellement exprimées sur les accusations portées par l’AFC-M23.
Cet incident intervient dans un contexte de fortes tensions militaires dans l’est de la RDC, où les affrontements entre forces gouvernementales et groupes armés continuent d’alimenter l’insécurité et l’inquiétude parmi les populations civiles.
En attendant d’éventuelles clarifications, les habitants du quartier touché tentent de reprendre leur souffle après une nuit de peur, tandis que les dégâts matériels rappellent la fragilité de la situation sécuritaire dans cette région déjà éprouvée par des années de conflit.