ONU : Guterres appelle à renforcer l’accès des femmes à la justice

L'actrice Anne Hathaway prend la parole lors de la Journée internationale de la femme 2026 au siège des Nations Unies, le 9 mars 2026.   -  
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Réunie lundi au siège des Nations unies à New York, la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme s’est ouverte sur un constat sévère : malgré des décennies de progrès, l’égalité entre les sexes demeure inachevée dans la plupart des pays du monde.

S’adressant à l’Assemblée générale, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rappelé que « nous vivons toujours dans un monde et une culture dominés par les hommes ». Selon lui, l’égalité des sexes « est, et a toujours été, une question de pouvoir ». Il a souligné que les avancées en matière de droits des femmes n’ont jamais été accordées spontanément, mais conquises « par des générations de femmes et de filles, d’avocates, d’activistes et de responsables communautaires ».

Le chef de l’ONU a dressé un tableau préoccupant de la situation mondiale. « Nous sommes bien avancés dans le XXIᵉ siècle, et pourtant la justice reste un rêve lointain pour des millions de femmes et de filles », a-t-il déclaré. Dans le monde, les femmes ne disposent en moyenne que de 64 % des droits juridiques dont bénéficient les hommes, tandis que des lois discriminatoires et des normes patriarcales continuent de perdurer.

António Guterres a également dénoncé l’exclusion persistante des femmes des processus de paix. Selon lui, lorsque celles-ci participent pleinement aux négociations et aux mécanismes de justice transitionnelle, les accords de paix sont plus durables et les sociétés se reconstruisent plus profondément. « Pourtant, le monde continue d’échouer : l’inclusion est proclamée, mais les femmes restent absentes des tables de négociation », a-t-il regretté, soulignant aussi la persistance de violences sexuelles commises en toute impunité.

La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a estimé pour sa part que « la lutte pour les droits des femmes est fondamentalement une lutte pour la justice elle-même », appelant à croire les survivantes de violences, à traduire les auteurs en justice et à démanteler les systèmes qui entretiennent abus et discriminations.

Le thème principal de la session de cette année porte sur le renforcement de l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles, notamment à travers des systèmes juridiques plus inclusifs, l’élimination des lois discriminatoires et la réduction des obstacles structurels.

Dans un contexte international marqué par de multiples crises, la directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous, a souligné que les inégalités de genre sont aggravées par les conflits. Citant des pays comme l’Ukraine, la Palestine, le Soudan ou encore l’Iran, elle a appelé à un retour à la diplomatie et au dialogue, ainsi qu’à la fin des violences dans plusieurs régions du monde.

La Commission de la condition de la femme réunit chaque année des représentants des États membres de la société civile et d’organisations internationales pour définir des priorités et des engagements en faveur des droits des femmes. Cette nouvelle session vise à transformer les promesses d’égalité en mesures concrètes et durables.

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