Libreville justifie la coupure des réseaux sociaux par des raisons de sécurité

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Sujet brûlant cette semaine au Gabon, la suspension jusqu’à nouvel ordre des réseaux sociaux.

Une décision de la Haute Autorité de la Communication annoncée brutalement diront certains, en tout cas sans préavis dans la soirée du mardi 17 février dernier. La mesure est déjà entrée en vigueur sur l’ensemble du territoire, depuis mercredi les quelques 2,5 millions de Gabonais se retrouvent privés de Facebook, Instagram, Tiktok.

Motif invoqué : ces réseaux serviraient de plateforme à la diffusion de propos portant « Atteinte à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ».

Marie-Noelle Ada Meyo, Conseillère spéciale et Porte-Parole Adjointe du Président de la République du Gabon comprends que cette décision puisse être difficile à digérer pour les Gabonais. Elle la juge pourtant nécessaire pour rouvrir le débat sur la réglementation de l'utilisation des réseaux sociaux dans le pays : cette mesure est peut-être l'occasion pour les instances Gabonaises de s'asseoir et de repenser à comment gérer les médias numériques au Gabon. Je pense que ce sont des actions qui avaient déjà été envisagées par le passé et cette décision de la Haute Autorité de la Communication fait sens et doit permettre à chacun de se poser les bonnes questions. Comment aujourd’hui au Gabon veut-on que les réseaux sociaux soient impliqués dans notre quotidien ? Quelle image veut-on donner à travers l'utilisation des réseaux sociaux ? Et c'est peut-être l'occasion comme je l'ai dit tout a l'heure de voir dans quelle mesure implanter des mécanismes qui vont permettre de légiférer, de cadrer l'utilisation du numérique au Gabon.

Toutefois, cette décision intervient dans un contexte de tension. Depuis la fin de 2025, plusieurs secteurs clés de la fonction publique sont engagés dans des grèves durables, avec une forte mobilisation notamment des enseignants. Des mouvements qui commencent à se diffuser à d’autres secteurs comme la santé et l’enseignement supérieur. Certaines voix se demandent s'il n’y aurait pas en filigrane, une volonté du gouvernement d’éteindre des velléités de soulèvement populaire.

Il me semble que les éléments avancés par la Haute Autorité de la Communication ont été assez clairs, et pour rester sur la crise au sein de l'éducation nationale, je peux vous assurer qu'aujourd'hui la quasi totalité des établissements ont rouvert leurs portes aussi bien aux enfants qu'aux enseignants. Et dès les premières heures de la crise, les autorités Gabonaises avec à leur tête le chef de l'état ont tout de suite initié un dialogue national qui, in fine, a entraîné des réformes prises. En date d'aujourd'hui, concernant ce secteur, on parle de 1000 postes budgétaires mis à disposition en 2023. Et dans le projet de loi de finance de 2026, on parle de 4000 postes budgétaires ajoutés aux autres actions entreprises pour répondre favorablement aux revendications des enseignants qui sont tout à fait légitimes, mais qui ne tirent pas leur origine d'aujourd'hui malheureusement, explique-t-elle.

Conséquence directe de cette suspension, la demande de réseaux privés virtuels (VPN) a connu une explosion sans précédent, selon des données récentes de l’industrie. Selon les rapports de fournisseurs de services de sécurité numérique, la demande de VPN au Gabon a augmenté de près de 400 % (387 % exactement )dans les 48 heures suivant l’annonce du blocage. Des sources proches du secteur indiquent que plus de 180 000 utilisateurs ont téléchargé des applications de VPN au cours de la première semaine, contre seulement 45 000 avant cette mesure.

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