Tensions RDC - Rwanda : Kagame défie les menaces de sanctions américaines

Le président rwandais Paul Kagame, à gauche, et le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, jeudi 4 décembre 2025, à Washington.   -  
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Au Rwanda, Paul Kagame défie la pression internationale. Le président rwandais a profité de l’ouverture du dialogue national qui se tient chaque année.

S’exprimant jeudi à l’ouverture du dialogue national, dans la capitale Kigali, le président Paul Kagame a semblé répondre directement aux États-Unis, qui menacent d’imposer des sanctions afin de le contraindre à mettre fin à son soutien aux rebelles de l’AFC/M23 et à retirer toutes les troupes rwandaises du territoire de la République démocratique du Congo. Le chef de l’État rwandais refuse de céder, affirmant la nécessité de maintenir la présence de son pays en RDC : la communauté internationale nous adresse chaque jour d’innombrables menaces, nous ferons ceci si vous ne faites pas cela, nous ferons cela si vous ne faites pas ceci. À force, ce genre de pression devient étouffant. Mais plutôt que de me laisser écraser par ces injonctions, je préfère assumer une position de résistance et refuser catégoriquement ce type de diktats.

Paul Kagame soutient que l’implication du Rwanda dans l’est de la RDC vise uniquement à se protéger contre une milice hostile, qu’il décrit comme composée des responsables du génocide rwandais de 1994 une version que rejette Kinshasa. Pour le président rwandais, la pression internationale devrait plutôt s’exercer sur les autorités congolaises, qu’il accuse de ne pas fournir suffisamment d’efforts pour résoudre ce conflit : vous savez, les Congolais sont bien malchanceux. Tshisekedi, qui est là, maltraite la population, la menace et agit de la sorte. Et au final, cette même communauté internationale vient me voir pour me dire, vous devez faire ceci, vous devez faire cela. En agissant ainsi, ils encouragent en réalité cette personne à ne pas chercher de solution à ses propres problèmes.

Le président rwandais a par ailleurs rejeté les accusations d’accaparement des ressources minières congolaises par Kigali. Selon lui, si le Rwanda était présent en RDC pour les minerais, le pays serait, je cite, « cent fois plus riche ». Le 22 janvier, une sous-commission de la Chambre des représentants des États-Unis chargée des affaires étrangères a néanmoins apporté un soutien bipartisan à l’imposition de nouvelles sanctions contre le Rwanda.

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