Persécution des Rohingyas : la Gambie porte l’affaire devant la CIJ

FICHIER - Sur cette photo prise le 7 septembre 2017, de la fumée s'élève d'une maison incendiée dans le village de Gawdu Zara, dans l'État de Rakhine.   -  
Copyright © africanews
Copyright 2017 The Associated Press. All rights reserved.

La Gambie prend position en faveur des Rohingya. En 2019, le pays a déposé une plainte auprès de la Cour internationale de justice, affirmant que l'opération dite de "nettoyage" menée par l'armée birmane en 2017 violait la Convention de 1948 sur le génocide. Le pays d'Asie du Sud-Est, depuis lors pris en main par l'armée, continue de nier ces allégations.

Devant la Cour, le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a dénoncé une “campagne de persécution” menée par le Myanmar, dans le but d’exterminer la minorité rohingya. 

"Il ne s'agit pas ici de questions abstraites de droit international. Il s'agit de personnes réelles, d'histoires réelles et d'un groupe réel d'êtres humains. Le peuple rohingya de Birmanie. Ils ont été pris pour cible et sont menacés d'extermination", a-t-il affirmé.

Le Myanmar a lancé cette campagne dans l'État de Rakhine en 2017 après une attaque menée par un groupe d'insurgés rohingya. Les forces de sécurité ont été accusées de viols collectifs, de meurtres et d'incendies de milliers de maisons, tandis que plus de 700 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin.

Philippe Sands, avocat représentant la Gambie, estime qu'"il est tout à fait possible que certaines des actions menées par le Myanmar aient été motivées par la lutte contre le terrorisme, mais parallèlement, lors de ces opérations, une intention génocidaire existait et prévalait également, et a en quelque sorte motivé les actions qui ont été entreprises".

Aujourd'hui, près de 1,2 million de membres de cette minorité persécutée sont détenus dans des camps surpeuplés, où des groupes armés recrutent des enfants et où des filles âgées d'à peine 12 ans sont contraintes à se prostituer. Les coupes soudaines et sévères dans l'aide étrangère imposées l'année dernière par le président américain ont entraîné la fermeture de milliers d'écoles dans les camps et causé la mort de nombreux enfants par famine.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>