Sahel : vers une réduction de la force française ?

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Les militaires français pourraient se faire plus rare au Sahel.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats français supplémentaires pour reprendre l'avantage face aux djihadistes, Paris serait sur le point de réduire le nombre de militaires déployés dans la bande sahelienne  pour revenir au niveau d'avant le mini "surge" (effort supplémentaire et localisé) de janvier.

Alors en plein sommet de Pau (France), le président français et ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) avaient décidé d'intensifier la lutte anti-djihadiste face à une recrudescence d'attaques en 2019, mêlées à des conflits inter-communautaires.

Un retrait de plusieurs centaines de français , selon des sources concordantes, rendu envisageable par l'arrivée de la "Task Force Takuba" , un groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat.

Pour l'instant seuls l'Estonie , la Tchéquie et la Suède ont répondu présent à l'appel de la France. Une centaine d'estoniens et de français ont accompli en octobre leur première mission dans le Liptako (nord-est). Quelque 60 tchèques devraient prochainement les rejoindre, puis 150 Suédois en 2021. Il leur faudra faire leurs preuves pour espérer attirer d'autres Européens.

Une présence de longue durée

Depuis 2014, ce sont près de 5 100 militaires français de la force Barkhane qui écument la zone dans la lutte anti-djihadiste, principalement contre le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) , affilié à Al Qaïda et l' Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Barkhane a depuis remporté d 'indéniables victoires tactiques avec ses partenaires locaux, en particulier contre l' Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) dans la zone des "trois frontières" , aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

" L'EIGS a subi depuis plusieurs mois un certain nombre de pertes humaines, de frappes, de privations de moyens qui l'ont singulièrement affaibli, même s'il faut rester prudent ", estime le commandant de Barkhane, le général Marc Conruyt.

Mais les pouvoirs centraux de ces pays, parmi les plus pauvres du monde, peinent encore à réinvestir les territoires reculés fraîchement ratissés pour offrir protection, éducation et services de base à des populations livrées à elles-mêmes. Après  sept années de guerre dans le Sahel, les 50 militaires français morts en opérations et le coût important de ces derniers suscitent des interrogations sur l'implication de la France au long cours.  Par ailleurs, l'attention des armées françaises est en train de se tourner vers le risque de conflits plus durs, de haute intensité sur la scène mondiale.  Des interrogations qui pourraient trouver leur réponse dans un déploiement européen plus conséquent dans la bande sahélienne.

Le ministère des Armées s'est refusé à tout commentaire.

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