RDC : la censure frappe Koffi Olomide, qui dénonce des "abus de pouvoir"

Huit chansons du roi de la musique congolaise Koffi Olomide ont été censurées en République démocratique du Congo, une décision dénoncée par l’artiste qui demande aux autorités de lutter contre les “abus de pouvoir”, vendredi dans un entretien avec l’AFP.

L’interdiction porte sur “huit clips vidéo” illustrant des “chansons non autorisées” de Koffi Olomide, d’après un document officiel.

Ils sont interdits de “diffusion” et de “présentation au public”, indique une lettre d’une “Commission nationale de censure des chansons et des spectacles” adressée aux chaînes de télévision et aux stations de radio.

Cette commission reproche à l’artiste de ne pas avoir répondu à ses “invitations”, dans cette lettre datée du 13 septembre, que l’AFP a authentifiée auprès des services du ministère de la Justice.

“Cette attitude démontre un manque de considération et de civisme de la part de l’artiste qui paraît être récidiviste dans ce genre de comportement”, selon le texte.

Retour annoncé en France

“Le Congo ne mérite pas une commission de censure”, a commenté le musicien congolais le plus connu au monde depuis la mort de Papa Wemba en 2016.

“Je ne suis pas fier de cela en tant que Congolais. La censure artistique a été instaurée par le régime de feu l’ancien président Mobutu” Sese Seko, a-t-il indiqué en recevant l’AFP chez lui à Kinshasa.

“Mais aujourd’hui on est en démocratie”, ajoute-t-il en lançant un appel au nouveau chef de l’Etat Félix Tshisekedi, investi en janvier dernier après la première transition pacifique du pouvoir dans l’histoire agitée du pays.

“Il faut qu’il regarde cela un peu de près. Il y a trop d’abus de pouvoir. Nous sommes un peuple majeur”, selon Koffi Olomide, dont le vrai nom est Christophe Antoine Agbepa Mumba.

Koffi Olomide a par ailleurs annoncé son retour en France début 2020 pour un concert à La Défense Arena, près de Paris, à une date qui reste à définir.

En mars, Koffi Olomidé avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre (ouest de Paris) à deux ans de prison avec sursis pour “atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans”. Le parquet avait fait appel de cette condamnation avec sursis.

AFP
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