La Zambie veut dire la vraie histoire derrière l'Armistice de 1918

Le monde célébrait ce dimanche 11 novembre le centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale. Des commémorations qui ont réuni à Paris une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Mais pour la Zambie, l’histoire telle que contée par les occidentaux est biaisée et mérite d‘être réécrite.

La Première Guerre mondiale ne s’est pas achevée à 11h du onzième jour du onzième mois de l’année 1918, en Europe. Mais à 12h, le 25 novembre 1918 à Abercom, aujourd’hui connu sous le nom de Mbala, une ville zambienne située dans le nord-est, à la frontière de la Tanzanie. C’est ce que suggère le site de l’agence touristique de la Zambie. « Cela nous donne l’occasion de raconter notre histoire, l’histoire oubliée, selon laquelle nous avons joué un rôle dans la Première Guerre mondiale », peut-on lire sur le site de l’agence.

Il y a un siècle, les dernières troupes allemandes se seraient rendues à Mbala avec à leur tête le lieutenant-colonel Paul Emil von Lettow-Vorbeck, plus connu sous le nom de Lion d’Afrique. Avec ses 3 000 Allemands et 11 000 Africains, il espérait mener de nouveaux assauts contre les forces rivales. En réalité, il n’aurait reçu le télégramme annonçant la capitulation de l’Allemagne le 11 novembre, que trois jours plus tard, soit le 14 novembre. Après plusieurs jours de marche, il arriva finalement, avec ses troupes, que le 25 novembre à Mbala, où il a lui-aussi annoncé sa capitulation.

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La Zambie qui revendique ainsi la paternité de l’Armistice espère en changer l’emplacement de ses commémorations. Premier engagement à cet égard, l’organisation d’une cérémonie anniversaire ce 25 novembre dans la ville de Mbala à laquelle devraient prendre part le petit-fils de Lettow-Vorbeck, ainsi que des délégués de la France, de la Russie et des pays africains ayant pris part à la Première Guerre mondiale.

L’initiative de la Zambie vient ainsi remettre au goût du jour le rôle occulté ou parfois négligé des nations africaines dans la Première Guerre mondiale. Les historiens pointent notamment la non-représentation de l’Afrique au traité de Versailles qui a consacré le partage des colonies allemandes aux vainqueurs de la guerre.
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