Congo : grève dans le plus grand hôpital du pays sur fond de dette publique

Les salariés du plus grand hôpital public du Congo ont poursuivi mercredi une “grève illimitée” avec service minimum à Brazzaville, pour réclamer deux mois d’arriérés de salaire dans ce pays pétrolier en crise dont la dette explose, a constaté un journaliste de l’AFP.

La grève a commencé mardi. “Face à l’indifférence et au mépris: grève illimitée des travailleurs du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville à compter du 1er août 2017 avec service minimum”, lit-on sur une note à l’entrée de l’hôpital.

“Nous revendiquons notamment deux mois d’arriérés de salaires, puis ce que nous appelons l’aide sociale, c’est-à-dire les indemnités de fin de carrière, les allocations familiales”, a expliqué à l’AFP le Dr Albert Ngatsé-Oko, de l’Intersyndicale des travailleurs du CHU à l’origine de la grève.

“Il y a un service minimum assuré par les médecins dans tous les services de l’hôpital”, a affirmé pour sa part Jérémie Mouyokani, directeur général du CHU.

“La situation que connaît le CHU est due au fait que ses ressources propres ne supportent pas la masse salariale qui est très importante. Le pays connaît aussi une crise économique”, a-t-il estimé.

La dette publique du Congo-Brazzaville atteint 120 % de son PIB, et non pas 77% comme l’annonçaient auparavant les autorités, a révélé mercredi Radio France internationale (RFI). Pays pétrolier de 4,5 millions d’habitants, le Congo-Brazzaville a subi comme ses voisins (Gabon, Guinée équatoriale notamment) la chute des prix du baril.

Les portes de certains services du CHU étaient fermées, mercredi, selon le correspondant de l’AFP. Des malades et des femmes venues pour accoucher étaient orientés vers d’autres centres.

Établissement public de 700 lits, opérationnel depuis 1987, le CHU de Brazzaville fait face à des dysfonctionnements épinglés en juillet dans un rapport du Cabinet d’audit de conseil et de gestion (CACOGES).

Selon cette étude, plus de 90% de la subvention trimestrielle (1,5 milliard de FCFA, plus de 2,2 millions d’euros) accordée par l’État étaient consacrés à des “dépenses contre-productives”.

AFP
Voir sur Africanews
>