Mozambique : un brasseur sud-africain apprivoise le marché de la bière artisannale

Composée à 70% de jus de manioc , ‘‘l’Impala’‘ défie les bières concurrentes faites à base de malt, de houblon et importées d’Europe.

Les bières importées au Mozambique font face à un nouveau concurrent, l’Impala, une bière faite à base de tubercule de manioc.

Le manioc, un tubercule populaire sur le continent, qu’il soit cuit à l’eau, transformé en fécule ou en farine reste très prisé dans les habitudes alimentaires. De toutes ces différentes transformations, un seul champ n’avait pas encore été exploré, c’est désormais chose faite.

L’idée a germé dans la tête du brasseur sud-africain SABMiller qui lance le projet en 2011 au Mozambique. Dans un pays où la culture du manioc est pratiquée à grande échelle, le pari de la filiale est atteint quatre ans après. L’Impala se positionne comme étant la bière la plus consommée dans le pays.

Dans la capitale Maputo, les propriétaires de tavernes sont ravis de l’enthousiasme des populations pour leur bière locale. En plus d‘être une bière bon marché (55 centimes d’euros), l’Impala a la réputation d’avoir un goût plus sucré et plus alcoolisé que ses rivales. Près de 100 millions de bouteilles ont été écoulées sur l’ensemble du territoire en 4 ans, constate M.Cruz directeur de Cervejas de Mozambique, l’entreprise en charge de la distribution de la boisson.

Bactérie meurtrière

Plus que les bières conventionnelles, les principales cibles de l’Impala se recrutent davantage dans les couches des populations rurales traditionnellement consommatrices de bières artisanales. Le succès de ces bières est souvent entaché de drames récurrents. La mauvaise fermentation de certaines d’entre elles et l’absence de contrôles qualité provoquent des indigestions. Le 9 janvier 2015, 75 personnes sont mortes après avoir bu de la bière artisanale dans le Nord-Ouest du pays. La rumeur d’un empoisonnement s‘était répandue avant qu’une étude effectuée aux Etats-Unis sur les échantillons de la boisson ne prouve le contraire.

En fait, la bactérie Burkholderia gladioli, généralement présente dans la farine de féculent, était à l’origine de ce drame. Elle a déjà fait des victimes en Indonésie et en Chine.
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