Somalie
Omar Artan, 34 ans, devait entrer dans l’histoire en devenant le premier arbitre somalien à officier lors d’une Coupe du monde.
Sélectionné par la FIFA il y a deux mois, il s’apprêtait à rejoindre les autres arbitres à Miami pour le tournoi. Mais son rêve s’est brisé samedi dernier : à son arrivée à l’aéroport international de Miami, les autorités américaines lui ont refusé l’entrée, évoquant des « problèmes liés à la vérification de ses antécédents ». Sans explication supplémentaire, il a été placé en détention pendant 11 heures, interrogé sur sa venue aux États-Unis, la politique somalienne et le groupe militant al-Shabab, avant d’être renvoyé vers Istanbul, sa ville de correspondance.
Pourtant, Artan disposait d’un visa valide, délivré la semaine précédente par l’ambassade des États-Unis, via l’ambassade de Somalie au Kenya. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a-t-il déclaré au New York Times, soulignant qu’on ne lui avait fourni aucune justification claire.
Une décision rare et controversée
Le refus d’entrée d’un arbitre désigné par la FIFA dans le pays hôte d’une Coupe du monde est un cas exceptionnel. La Somalie figure parmi les 40 pays soumis à des restrictions de voyage strictes sous l’administration Trump, une politique qui suscite des craintes pour les supporters, joueurs et officiels africains souhaitant assister au tournoi, malgré des visas en règle.
Ali Abdi Mohamed, président de la Fédération somalienne de football, a dénoncé une injustice : « Artan a mérité le droit d’arbitrer au plus haut niveau. » Reconnu comme l’un des meilleurs arbitres du continent, il avait même été sacré meilleur arbitre masculin d’Afrique en 2025 et avait dirigé la finale de la Ligue des champions africaine le mois dernier.
Réactions et impuissance
Le Service des douanes et de la protection des frontières (CBP) a justifié sa décision par une « inspection supplémentaire », affirmant que les agents vérifient systématiquement les antécédents des voyageurs, y compris ceux liés à la Coupe du monde. « Les décisions d’admissibilité sont prises au cas par cas », a précisé le CBP, sans donner plus de détails.
De son côté, la FIFA a confirmé qu’Artan ne pourrait ni s’entraîner ni arbitrer lors du tournoi, rappelant que « c’est au gouvernement hôte qu’il revient de déterminer qui est admis sur son territoire ». Pourtant, l’institution avait entretenu des relations étroites avec l’administration Trump pour assurer le bon déroulement de la compétition, co-organisée avec le Mexique et le Canada.
Le ministère somalien de la Jeunesse et des Sports a indiqué que son ambassade aux États-Unis tentait toujours de résoudre la situation, mais sans succès pour l’instant. Malgré cette épreuve, Artan garde espoirs : « Malgré les circonstances, je reste positif et me concentre sur les prochains défis de ma carrière », a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la FIFA.
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