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"Procès Sankara" : les parties civiles pour l'extradition de Compaoré

L'ancien président burkinabè Blaise Compaoré   -  
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Francois Mori/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved. -

Burkina Faso

Les avocats de la famille de l'ex-président burkinabè Thomas Sankara, assassiné lors d'un putsch en 1987, ont réclamé jeudi l'extradition de Blaise Compaoré, condamné à perpétuité dans cette affaire et en exil en Côte d'Ivoire depuis 2014.

Cette extradition est "une lutte de l'état burkinabè, du peuple burkinabè", a estimé Me Prosper Farama, lors d'une conférence de presse.

"Si on veut faire justice, et que cette justice ait un sens, alors l'Etat doit mettre tous les moyens en œuvre, en respectant les droits des personnes condamnées, pour que cette décision soit exécutée", a-t-il ajouté.

Mercredi, l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré a été condamné par contumace à la perpétuité pour son rôle dans l'assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara.

Le commandant de sa garde au moment des faits, Hyacinthe Kafando, lui aussi en exil, a écopé de la même peine, tout comme le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l'armée lors du putsch de 1987, qui purge déjà une peine de 20 ans de prison pour sa participation à une tentative de coup d'Etat en 2015.

Huit autres accusés ont été condamnés à des peines allant de 3 à 20 ans de prison.

"Ce ne serait pas juste à l'endroit des autres condamnés, qu'ils soient détenus ici et que les autres soient laissés tranquilles là où ils sont", a déclaré Me Prosper Farama.

Soutien de poids de l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara, Blaise Compaoré a obtenu la nationalité ivoirienne en 2016 et ne peut à ce titre être extradé.

"C'est le prétexte qui a été trouvé pour cautionner l'impunité", a dénoncé jeudi Me Benewende Sankara, un autre avocat de la partie civile.

"La question de la nationalité de Compaoré pose problème. Mais Hyacinthe Kafando n'est pas naturalisé ivoirien. Théoriquement, son extradition ne devrait pas poser de problème", a renchéri Me Farama, suggérant qu'il se trouve lui aussi en Côte d'Ivoire. L'avocat espère sur ce point que les États ivoirien et burkinabè "feront diligence".

"S'ils doivent après avoir droit à une amnistie ou une grâce, que cela se fasse dans les règles de l'art", a-t-il ajouté.

En prononçant son verdict, mercredi, le tribunal militaire de Ouagadougou a reconduit le mandat d'arrêt contre les deux hommes, lancés en 2016.

"J'espère que la Côte d’Ivoire comprendra qu'elle a, en décision, le destin d'un pays, d'un continent. L'Afrique doit comprendre que les amitiés ne doivent pas être au dessus des intérêts des peuples", a aussi dit Me Farama.

Interrogé en février sur le sujet, Alassane Ouattara avait déclaré que la Côte d'Ivoire était un "pays d'hospitalité". "Je pense que tout cela se fera en temps opportun", avait-il ajouté.

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