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Soudan : Béchir raille l'utilisation des réseaux sociaux par les manifestants

Soudan : Béchir raille l'utilisation des réseaux sociaux par les manifestants

Soudan

Le chef de l’Etat soudanais Omar el-Béchir a raillé jeudi ses opposants, affirmant qu’un changement de président ne pouvait se faire sur les réseaux sociaux, alors que de nouveaux rassemblements ont été dispersés au gaz lacrymogène dans plusieurs villes du Soudan.

La police soudanaise a indiqué que plusieurs policiers et manifestants avaient été blessés jeudi, soit par des jets de pierres, soit par des tirs de gaz lacrymogènes. Elle n’a pas donné de chiffre précis.

De son côté, un comité de médecins impliqué dans l’organisation des manifestations a indiqué que 15 personnes avaient été blessées, dont trois enfants par des gaz lacrymogènes. Trois personnes seraient dans un état grave, selon la même source.

Depuis le début du mouvement de contestation en décembre, après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, l’Association des professionnels soudanais utilise les réseaux sociaux comme Facebook, Whatsapp et Twitter pour inciter la population à sortir dans la rue, notamment grâce aux hashtags #SudanRevolts et #SudanUprising (“Révoltes au Soudan”, “Soulèvement au Soudan”).

“Un changement de gouvernement ou de président ne peut se faire par Whatsapp ou Facebook”, a toutefois souligné Omar el-Béchir à Kassala (est), lors d’une réunion publique retransmise à la télévision.

Cela ne peut arriver “que par des élections” et “seul le peuple peut décider de qui sera le président”, a ajouté M. Béchir, au pouvoir depuis 1989 à la suite d’un coup d’Etat et dont une nouvelle candidature est pressentie pour l’an prochain.

Depuis le début du mouvement de contestation, Omar el-Béchir a tenté de restreindre l’utilisation des réseaux sociaux, selon des analystes et des militants qui ont rapporté avoir des difficultés à se connecter sur Facebook, Twitter et Whatsapp.

“Nous ne nous arrêterons pas”

Ces derniers jours, les signalements de rassemblements se sont faits plus rares. Mais des manifestants ont à nouveau répondu à l’appel à Khartoum et dans la ville voisine d’Omdourman jeudi, chantant le principal slogan de la contestation “Liberté, paix et justice”.

“La police tire des gaz lacrymogènes, mais nous ne nous arrêterons pas”, a déclaré un manifestant, sous le couvert de l’anonymat, dans le nord de Khartoum.

Dans le quartier de Buri, dans l’est de la capitale, les protestataires ont défilé en sifflant et en tapant dans leurs mains ou sur des bouteilles en plastique, selon des témoins. Certains ont mis le feu à des pneus et des troncs d’arbres.

A Omdourman, les manifestants ont bloqué durant des heures la rue 40, avant que la police anti-émeutes n’intervienne, selon des témoins.

Des rassemblement ont également été signalés à Port-Soudan (nord-est) et Wad Madani (centre), où la police a fait usage de gaz lacrymogène, ainsi que dans des villages de l’Etat d’Al-Jazeera au sud de la capitale.

“Il y a eu des rassemblements illégaux dans l’Etat de Khartoum et dans d’autres Etats du pays, que la police a dispersé selon la loi”, a déclaré le porte-parole de la police, le général Hachem Abdelrahim, en faisant étant de blessés du côté des policiers et des manifestants.

Selon des analystes, la contestation actuelle constitue le plus grand défi en trois décennies pour M. Béchir.

Trente personnes ont perdu la vie depuis le début du mouvement, selon un bilan officiel. Des ONG évoquent toutefois plus de 40 morts. 

Le président Béchir a refusé de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des “conspirateurs”. 

“La situation est difficile, mais pas impossible”, a-t-il encore commenté jeudi.

“Nous allons concentrer nos efforts pour satisfaire le peuple, particulièrement les jeunes”, a-t-il ajouté.

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AFP

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