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Tchad : un policier arrêté pour avoir supervisé la torture à mort d'un homme

Tchad : un policier arrêté pour avoir supervisé la torture à mort d'un homme

Tchad

Un colonel de police du Tchad, accusé d’avoir supervisé la torture à mort de l’un de ses compatriotes, a été arrêté, a appris l’AFP vendredi auprès du ministre de la Justice.

“Le colonel de police Senoussi Ahmat Ochi, auteur d’un meurtre après torture sur un présumé voleur, a été arrêté jeudi”, a indiqué vendredi à l’AFP le ministre de la Justice, Djimet Arabi. 

 
Après avoir été placé sous mandat de dépôt par le procureur, le colonel est arrivé au Palais de justice vendredi matin, selon une source judiciaire.

“La gendarmerie est à la recherche de ses complices et co-auteurs”, selon le ministre, qui parle d’un “acte très grave”.

Une vidéo visible sur internet et largement partagée sur les réseaux sociaux montre la victime, Oumar Hisseim, attachée par les bras contre un muret, une jambe pliée et criant de douleur. 

Sept personnes sont visibles sur la vidéo tournée au domicile du colonel Ochi, qui n’apparaît pas dans la vidéo.

“Le colonel de la police et ses proches ont séquestré mon petit frère pendant six jours en lui infligeant des traitements inhumains et dégradants; puis il est décédé dans la nuit du vendredi 21 décembre”, a déclaré à l’AFP son frère aîné, Djimet Hissein.

“La torture monnaie courante sous le régime de Déby”

“D’après le témoignage de mon petit frère avant sa mort, on a mis du plastique contenant du piment sur sa tête… sans compter les tortures physiques. C’est inhumain”, a-t-il ajouté. 

Dans un communiqué de presse, la Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH) se dit “outrée par cette barbarie” perpétrée par “un membre du sérail du pouvoir” et dénonce une pratique “devenue monnaie courante” sous le président Idriss Déby.

“Généralement, les auteurs de ce genre de crime sont toujours protégés par le pouvoir et jouissent d’une impunité. S’ils sont traduits devant les juridictions, on organise une parodie de justice et ils sont libérés une ou deux semaines plus tard”, a affirmé Abbas Al Hassan, un des responsables de la CTDDH.

Des témoignages recueillis par l’AFP en juillet 2017 auprès d’activistes torturés par les services de renseignement font état d’interrogatoires à l’aide de sacs de piment ou d’eau que l’on force les personnes entendues à avaler en grande quantité.

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AFP

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