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RDC : qui a enlevé le journaliste Hassan Murhabazi ?

RDC : qui a enlevé le journaliste Hassan Murhabazi ?

République démocratique du Congo

Journaliste à la radio Svein de Bukavu à l’est de la RDC, Hassan Murhabazi est porté disparu depuis le 11 septembre, rapporte Reporters sans frontières (RSF). L’ONG soupçonne un enlevement en lien avec une émission qui aurait écorné le candidat du pouvoir à la présidentielle du 23 décembre prochain.

C’est le 11 septembre dernier que Hassan Murhabazi a disparu et manque aussi bien à sa famille qu‘à ses collègues de la radio Svein de Bukavu à l’est de la RDC. « Alors qu’il se préparait à la maison pour affronter ses examens à l’Université Officielle de Bukavu, notre confrère a reçu un appel urgent d’un inconnu et est sorti, laissant même son téléphone portable. Depuis, il n’est plus revenu à la radio et n’a pas fait signe de vie », explique Honneur-David Safari, directeur de la chaîne dans un communiqué rendu public le 12 septembre.

Hassan Murhabazi est l’animateur de « Mkate » et « Mtazamo wa Wasanii » (respectivement pain et opinion des stars en swahili). Pour Honneur-David Safari, grâce à son franc-parler, Hassan Murhabazi accroche son auditoire par le contenu de ses programmes qui abordent souvent les points les plus saillants de l’actualité.

D’après RSF, le journaliste reçoit « régulièrement » des sms menaçants. « Petit démon », « petit journaliste », « laisse Emmanuel Ramazani Shadary tranquille », peut-on lire dans les sms que l’ONG se serait procurés. Une manière de demander au journaliste d’arrêter de parler du candidat du pouvoir à la présidentielle du 23 décembre prochain.

L‘État appelé à jouer son rôle de protecteur

Si l’information n’est pas encore officiellement confirmée, RSF estime qu’il faut prendre ces menaces au sérieux. « Il est essentiel que les menaces déjà reçues par ce reporter pour sa couverture de l’actualité politique soient prises au sérieux. Les autorités congolaises ont le devoir de protéger les journalistes qui sont particulièrement exposés à trois mois de l’élection présidentielle », explique Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

L’ONG appelle ainsi les autorités à « tout mettre en œuvre » pour que Hassan Murhabazi soit retrouvé. En attendant la réponse des responsables, l’environnement médiatique est loin d‘être rassurant en RDC où les journalistes sont souvent en proie à des menaces de toutes. RSF dit avoir recensé « 22 cas d’agressions et 35 arrestations entre le 1er janvier et le 31 août 2018.

Des activistes de la société civile aussi

En outre, deux journalistes dont le correspondant d’Africanews sont depuis juillet dernier en fuite parce que « menacés » de mort pour avoir diffusé un documentaire ayant donné la parole à des victimes d’expulsion sur un terrain revendiqué par le président Kabila à Bukavu.

La RDC occupe la 154e place dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018. Mais, il n’y a pas que les journalistes qui disparaissent. Des activistes de la société civile ont déjà disparu dans des conditions restées jusqu’ici ténébreuses.

Le cas du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana morts en juin 2010. Principal accusé, le général John Numbi qui a été récemment nommé au poste d’inspecteur général des Forces armées congolaises par le président de la République.

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