Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Mort de journalistes russes en RCA : Bangui, l'ONU, et la Russie sommés de faire la lumière

Mort de journalistes russes en RCA : Bangui, l'ONU, et la Russie sommés de faire la lumière

République Centrafricaine

Qui étaient-ils ? Comment et pourquoi ont-ils été assassinés ? Autant de questions que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) se pose pour en savoir davantage sur la mort de trois journalistes russes en RCA. L’ONG demande ainsi des comptes au gouvernement centrafricain, à la Russie et à la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA).

Une nouvelle à couper le souffle au sein des ONG de défense des droits de l’homme et de promotion de la liberté de la presse. C’est cette alerte donnée mardi 31 juillet par la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). Elle annonçait la mort à Sibut (au centre du pays) de trois journalistes russes qui portaient des cartes professionnelles.

Selon une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères, le meurtre a eu lieu le 30 juillet et les pièces d’identité trouvées sur les corps les ont identifiés comme journalistes indépendants. Il s’agit d’Orkhan Dzhemal, Aleksandr Rastorguyev et du cameraman Kirill Radchenko.

Un communiqué publié par le centre de recherches d’investigation (Tsur) basé à Moscou, financé par l’homme d’affaires russe exilé Mikhaïl Khodorkovski, a déclaré que les journalistes étaient en mission pour Tsur, enquêtant sur des mercenaires russes, notamment un groupe connu sous le nom de Wagner en République centrafricaine.

Le rédacteur en chef de Tsur, Andrey Konyakhin, a déclaré au CPJ que les journalistes avaient quitté Moscou le 27 juillet et que la dernière communication avec eux a eu lieu le soir du 29 juillet.

>>> LIRE AUSSI : Centrafrique : trois Russes porteurs de cartes de presse tués

« Les responsables de l’assassinat d’Orkhan Dzhemal, Aleksandr Rastorguyev et Kirill Radchenko doivent être traduits en justice », a déclaré Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ, à Harare, au Zimbabwe. « Les autorités de la République centrafricaine, le gouvernement russe et l’ONU devraient agir rapidement pour mener des enquêtes exhaustives et transparentes sur ces morts et veiller à ce que le meurtre de journalistes, qui est la forme la plus brutale de censure, ne puisse avoir lieu en toute impunité ».

La MINUSCA et les deux gouvernement d’accord pour l’enquête

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré à la chaîne de télévision d’Etat Rossiya 24 que les diplomates de l’ambassade avaient identifié les corps et travaillaient avec les autorités locales pour enquêter sur le meurtre.

Elle a ajouté que les hommes voyageaient en RCA en tant que touristes et que l’ambassade n‘était pas au courant de leur présence dans le pays. Zakharova a déclaré que les autorités travaillaient sur le transport des corps vers la Russie.

Le comité d’enquête russe a déclaré le 31 juillet avoir ouvert une enquête criminelle sur les meurtres. La femme de Dzhemal, Irina Gordienko, a déclaré au CPJ qu’elle avait vu une photo des corps et que l’un d’entre eux appartenait à son mari.

Ange Maxime Kazagui, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement centrafricain, a déclaré que le chauffeur des journalistes, qui avait survécu après avoir fui, avait déclaré au gouvernement que les agresseurs ne parlaient ni français ni Sango, l’autre langue nationale de RCA.

>>> LIRE AUSSI : Centrafrique: des Russes forment des soldats au maniement d’armes

Kazagui a déclaré que les journalistes sont entrés dans le pays en utilisant des visas touristiques et ne s‘étaient pas enregistrés pour l’accréditation des médias. « Le gouvernement coopère avec le gouvernement des Etats-Unis et le gouvernement russe pour enquêter sur ces morts, a déclaré Kazagui au CPJ.

Monteiro a déclaré au CPJ que, contrairement à la pratique fréquente de la presse en RCA, la MINUSCA n’avait pas été informée des activités des journalistes.

En 2014, Camille Lepage, photojournaliste française indépendante, avait été tuée dans une embuscade tendue contre le véhicule dans lequel se trouvait.

>>> LIRE AUSSI : Centrafique : l’occupation du Palais de Bokassa par les Russes irrite les proches de l’ancien empereur
Voir plus