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Des femmes dénoncent un "apartheid professionnel" au sein de l'Union africaine

Des femmes dénoncent un "apartheid professionnel" au sein de l'Union africaine

Ethiopie

L’Union africaine touchée par le tempête #MeeToo. Cette fois, pas question d“abus sexuel, mais plutôt de discrimination à l’emploi. Des femmes de l’organisation s’en sont plaint dans deux mémorandums envoyés au président de la Commission de l’UA, Moussa Faki.

Des femmes issues de l’Union africaine ont décidé de libérer leur parole sur la discrimination dont elles disent être victimes au sein de l’organe continental. Dans un premier mémo adressé à Moussa Faki en janvier 2018, le collectif de 37 femmes dresse un tableau sombre de la Commission Paix et Sécurité dirigée par l’Algérien Smail Chergui.

Elles y dénoncent les exubérances de son processus de gestion dans lequel les femmes seraient “négligées pour les promotions”, limogées “sans explication” et victimes d’une “discrimination quotidienne”.

“Nous, employées de la Commission de l’UA, sommes totalement consternées par l’enracinement de l’apartheid professionnel contre les employées de la commission, tel que manifesté par le département de la Paix et de la Sécurité”, écrivent-elles dans les notes obtenues par le journal Mail & Guardian.

Dans un autre mémo daté du 14 février 2018 signé par cinq hauts fonctionnaires, notamment des ressources humaines, le ton ne change pas. Ces femmes trempent également leur plume dans l’indignation et la dénonciation “du sexisme” au sein de la puissante Commission Paix et Sécurité. Elles décrivent un environnement “toxique” et “trop masculin dans les couches supérieures”.

Une enquête bientôt dilligentée

“Il y a eu une sortie systématique des femmes du plus haut calibre de la commission” ; “Cela a été une tendance constante. Chergui s’est débarrassé des femmes âgées. Il les a chassées”, font cas deux témoignages rapportés par le Mail & Guardian.

Ces accusations contrastent bien avec l’agenda de l’Union africaine qui consacre la décennie 2010 – 2020 à l‘égalité des genres, mais également avec le règne de Nkosazana Dlamini-Zuma – première femme à diriger la Commission de l’UA, dont les experts ont pourtant salué les efforts pour consolider la parité au sein de l’Union africaine.

En tout cas, de son côté, le principal accusé Smail Chergui a démenti toutes les accusations formulées à son encontre. Le week-end, il a dénoncé “une invention d’une personne qui n’est même pas un membre de la commission” et “qui n’a pas été retenue par un panel indépendant pour le recrutement d’un chef de division”. “Cela n’a rien à voir avec le genre”, a-t-il martelé. Il a toutefois réitéré son dévouement à l‘égalité des sexes via son compte Twitter.

Le même week-end, le vice-président de la Commission de l’UA, Kwesi Quartey, s’est excusé auprès des femmes et a promis d’enquêter sur cette affaire. Paul Kagame, le président en exercice de l’Union africaine a en outre été saisi par courrier par le collectif. Considéré comme un champion de l‘égalité des sexes sur le continent, sa réponse est probablement très attendue.

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