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Ouganda : l'évangile de Museveni aux chefs religieux « traîtres »

Ouganda : l'évangile de Museveni aux chefs religieux « traîtres »

Ouganda

Dans son message de Nouvel An, le président ougandais a fustigé le 31 décembre les chefs religieux ayant critiqué le récent amendement constitutionnel qui lui permettra de briguer un autre mandat présidentiel en 2021. Yoweri Museveni leur a proposé de parler des « objectifs stratégiques de notre chère Afrique ».

S’il y a une chose que chaque dirigeant veut par-dessus tout, c’est de se faire entendre et écouter. Et Yoweri Museveni sait comment s’y prendre. En cette soirée dominicale du 31 décembre, tous les médias ougandais sans exception aucune, ont été obligés à retransmettre en direct le message de Nouvel An du président de la République. Tant il allait se prononcer sur les questions cruciales de son pays. Parmi ces sujets, la récente réforme constitutionnelle qui a ouvert la voie à une présidence à vie de Museveni.

Le Parlement ougandais a récemment modifié la constitution en supprimant la limite d‘âge pour le candidat à l‘élection présidentielle et prolongeant le mandat des parlementaires de 5 à 7 ans. Les députés ont aussi rétabli la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. Une réforme qui a alimenté une vive polémique ayant abouti à des rixes entre parlementaires au sein même de l’hémicycle en direct à la télévision.

>>> LIRE AUSSI : Ouganda-limite d‘âge du candidat à la présidence : le débat continue

Or, les responsables religieux font partie de ceux qui ont sévérment critiqué l’amendement de la constitution. Un affront qui semble rester à la gorge du chef de l’Etat. Il était donc temps de remonter les bretelles au Clergé. Pour Museveni, ces chefs religieux auraient dû parler davantage “des objectifs stratégiques de notre chère Afrique”.

Au lieu de travailler pour l'indépendance de l'Afrique, ils sont toujours de mèche avec les étrangers pour encourager ces derniers à se mêler de nos affaires

D’après le dirigeant ougandais, les cinq objectifs stratégiques établis par les anciens dirigeants africains comprennent le retour à l’indépendance ; atteinte de la démocratie ; la prospérité ; la sécurité stratégique par l’intégration politique de l’Afrique sous la forme de fédérations politiques comme la Fédération de l’Afrique de l’Est ; et la sauvegarde de notre identité en tant que peuple noir sans perdre nos langues, notre culture, nos coutumes, nos aliments, etc. , pour éviter de devenir des Européens noirs.

C’est ce que le locataire du Sate House appelle « l’indépendance de l’Afrique » à laquelle les religieux devraient consacrer leurs prières. “Au lieu de travailler pour l’indépendance de l’Afrique, ils sont toujours de mèche avec les étrangers pour encourager ces derniers à se mêler de nos affaires”, a martelé Museveni.

Connaissant peut-être la Bible par cœur aussi bien que les évêques, Museveni s’est appuyé sur certains passages du livre saint pour apporter du réconfort à ses partisans. « Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous », a dit le président en citant l‘évangile de Matthieu au chapitre 5, verset 11 à 12.

De là à banaliser les critiques dont son régime fait l’objet. “Par conséquent, les cadres du Mouvement de résistance nationale (NRM) et tous les patriotes doivent savoir que les fausses accusations ne sont rien, car nous avons résisté aux pelotons d’exécution d’Idi Amin, les exécutions extrajudiciaires, les emprisonnements, la perte de camarades dans les batailles, etc.» , a encore indiqué Museveni.

Malgré ce sang-froid, le discours du chef de l’Etat a été tourné en dérision dans les réseaux sociaux par des Ougandais visiblement opposés à cette réforme constitutionnelle.

Âgé de 73 ans, Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986 après le renversement de Tito Okello. Il doit sa longévité au pouvoir en grande partie à des réformes constitutionnelles.

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