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Isabel dos Santos accusée de détournement de fonds

Isabel dos Santos accusée de détournement de fonds

Angola

L‘étau se resserre autour d’Isabel dos Santos, fille aînée de l’ancien président angolais Eduardo dos Santos. La Sonangol, l’entreprise pétrolière nationale dont elle a été la directrice a annoncé une enquête sur de “possibles détournements de fonds” dont elle serait responsable.

En Angola, les mésaventures se succèdent pour Isabel dos Santos, naguère élément clé du régime. Accusé d’avoir ordonné, lorsqu’elle dirigeait la Sonangol, des paiements et des mouvements de fonds jugés suspects s‘élevant à plusieurs dizaines de millions d’euros, la femme d’affaires est sous le coup d’une enquête.

“Nous avons mis en place une commission d’enquête interne pour enquêter sur les informations diffusées”, a déclaré mardi un porte-parole de la Sonangol, Mateus Benza. “Nous vérifions de possibles détournements, mais je ne confirme rien pour le moment”, a précisé M. Benza.

Quelques jours auparavant, c’est la presse angolaise qui portait ces accusations contre la fille de l’ancien président Eduardo dos Santos. Selon le Novo Jornal et le Jornal Economico notamment, la nouvelle direction de la compagnie a identifié un transfert “suspect” de 57 millions d’euros vers un compte à Dubaï.

Ces fausses nouvelles (...) ne méritent aucun crédit puisqu'elles ont comme seule et unique motivation de remettre en cause l'intégrité de l'ingénieure Isabel dos Santos

Elle s’interroge également sur un virement mensuel, mis en place dès l’arrivée d’Isabel dos Santos à la tête de la compagnie, de 10 millions d’euros de la Sonangol vers une entreprise portugaise dont elle est l’actionnaire principale.

Mais, pour l’heure, ces doutes ne font l’objet que d’une enquête interne, au sein de la Sonangol. Le parquet de Luanda sollicité par l’AFP a affirmé n’avoir reçu aucune plainte visant Isabel.

Mardi, cette dernière a vigoureusement démenti être impliquée dans un quelque détournement que ce soit. “Ces fausses nouvelles (…) ne méritent aucun crédit puisqu’elles ont comme seule et unique motivation de remettre en cause l’intégrité de l’ingénieure Isabel dos Santos”, a-t-elle réagi dans une déclaration diffusée via son compte Twitter.

Eduardo dos Santos monte au créneau

Limogée le 15 novembre de son poste de PCA de la Sonangol près d’un mois après l’accession au pouvoir du nouveau président Joao Lourenço, Isabel dos Santos a pourtant dressé un bilan flatteur de sa présidence qui a duré à peu près un an.

“En juin 2016, la compagnie pétrolière était en état de pré-faillite”, a-t-elle d’emblée rappelé dans un long communiqué publié le 16 novembre. “Nous avons réduit la dette financière de 13 milliards de dollars à 7 milliards de dollars ; nous avons augmenté nos revenus de 14,8 milliards de dollars en 2016 à 15,6 milliards de dollars en 2017 ; (…) nous avons augmenté la production de la raffinerie de Luanda, passée de 50 000 à 60 000 barils [et] avons commencé l’exportation ; nous avons réduit le coût de production du baril de 14 $ à 7 $ ; nous avons augmenté la production de gaz de 238 %”, évoquait-elle entre autres.

Elu en septembre suite à la retraite politique d’Eduardo dos Santos après 38 ans de règne, Joao Lourenço avait promis d’en finir avec la corruption et le népotisme dans le pays. L’une de ses premières grandes décisions a été le limogeage de la fille de l’ancien président à la tête de la compagnie nationale. Il a par la suite écarté de l’appareil sécuritaire plusieurs hauts gradés proches de l’ancien président. Le secteur des médias, des mines et de l’administration ont eux aussi connu leur coup de balai.

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Une purge qui a fini par faire sortir de son silence Eduardo dos Santos. Mardi dernier, l’ancien homme fort a fait savoir que “les changements sont nécessaires, mais ne devraient pas être aussi radicaux”.

La remarque n’est pas passée inaperçue auprès de son successeur qui assurait le lendemain même que “le gouvernement fournira toutes les garanties aux entrepreneurs étrangers qui investissent dans le développement de l’Angola (…) afin qu’ils ne perdent pas cet argent”. Une passe d’armes qui témoigne bien du malaise entre les deux alliés du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir.

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