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Afrique du sud : les défis du nouveau président de l'ANC

Afrique du sud : les défis du nouveau président de l'ANC

Afrique du Sud

Restaurer l’unité au sein du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir, gagner les élections générales de 2019… Elu lundi président du parti, l’ex-syndicaliste devenu homme d’affaires doit relever plusieurs défis s’il espère aussi succéder à Jacob Zuma à la tête du pays après. Mais, pas trop facile pour Cyril Ramaphosa.

Les résultats de l‘élection du président du Congrès national africain (ANC) viennent de tomber, à l’issue d’une conférence élective qui, pendant deux jours, aura plongé le monde entier ou presque dans une sorte de suspense digne de Hitchcock.

Et c’est Cyril Ramaphosa, vice-président, qui vient de l’emporter avec 2440 voix face à son adversaire Nkossazana Dlamini Zuma (2261 voix), l’ex-épouse de l’actuel chef d’Etat et président sortant du parti, Jacob Zuma.

>>> LIRE AUSSI : Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa élu président de l’ANC

Tous les deux ont promis de se plier aux résultats du scrutin et de tout faire pour préserver l’intégrité de l’ANC mais leurs points de vue, notamment sur l‘économie, sont rapidement apparus totalement irréconciliables aux yeux de tous. “La rupture ne fait aucun doute. Elle existe déjà”, pronostique l’analyste Ralph Mathegka, “la seule question est de savoir si cette rupture va provoquer la formation d’un nouveau parti”.

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Les deux dernières conférences de l’ANC ont accouché de deux nouveaux partis formés par des militants en rupture de banc. Le Congrès du peuple (Cope, libéral) en 2008 et les Combattants économiques de la liberté (EFF, gauche radicale) du bouillant Julius Malema cinq ans plus tard.

En plus de cette menace, Cyril Ramaphosa va devoir tenter de recoller les morceaux avec les alliés historiques de l’ANC.

Tout deux très critiques de Jacob Zuma, le Parti communiste sud-africain (SACP) et la principale centrale syndicale du pays (Cosatu) ont récemment pris leur distance avec l’ANC

Pour la première fois depuis 1994, le SACP a présenté ses propres candidats contre ceux de l’ANC lors de récentes élections locales. Il a même réussi à les faire élire…

Gagner

L’ANC règne sans partage sur l’Afrique du Sud depuis les premières élections libres de l’histoire du pays qui ont porté Nelson Mandela à la présidence en 1994, dans l’euphorie de la chute du régime d’apartheid.

Mais près d’un quart de siècle plus tard, son étoile a sérieusement pali. Spécialement sous la présidence de Jacob Zuma, englué dans les scandales de corruption. “L’ANC semble ne plus rien avoir à proposer au pays”, note la professeur de sciences politiques Amanda Gouws, de l’université de Stellenbosch. “C’est le sort des mouvements de libération dans toute l’Afrique. Ils sont très hiérarchisés, ça ouvre la porte à la corruption et le déclin s’enclenche”.

L’ANC a reçu un premier avertissement l’an dernier lors des élections locales. Il a réalisé son plus mauvais score national, moins de 54% des suffrages, et surtout a perdu le contrôle de villes symboliques comme Johannesburg et Pretoria.

Si M. Ramaphosa ne parvient pas à enclencher le renouveau, beaucoup prédisent à l’ANC un claque historique dans deux ans. A fortiori si certains de ses adversaires claquent la porte du parti après la conférence. “Il est probable que cela ramènerait l’ANC sous la barre des 50%, ce qui signifie que le parti sécessionniste déterminera si l’ANC reste au pouvoir ou pas”, anticipe Susan Booysen, analyste à l’université du Witwatersrand de Johannesburg.

>>> LIRE AUSSI : Afrique du Sud : l’ANC divisé et affaibli choisit son nouveau chef

Rassurer

C’est l’autre urgence du nouveau patron du parti au pouvoir. Convaincre les investisseurs que son arrivée à la tête du parti va mettre un terme aux “incertitudes politiques” qui pèsent sur l‘économie très fragile du pays.

Croissance désespérément molle, déficits publics en hausse, chômage de masse (+ de 27%) et devise fragile, la principale puissance industrielle du continent africain peine à surmonter les effets de la crise financière de 2008.

Ces derniers mois, les marchés se sont ouvertement inquiétés des grands discours du président Zuma et de “sa” candidate Nkosazana Dlamini Zuma sur la nécessaire “transformation radicale de l‘économie” au profit de la majorité noire.

Ils ont aussi pointé du doigt les promesses “populistes” qui pèsent sur les comptes publics. Dernier exemple, l’annonce par Jacob Zuma de la gratuité, dès 2018, des études universitaires pour 90% des étudiants du pays, à ce jour non budgétée.

Il y a moins d’un mois, Standard & Poor’s et Moody’s ont une nouvelle fois dégradé pour ces motifs la note financière de l’Afrique du Sud, déjà dans la catégorie spéculative.

Candidat préféré des marchés, l’arrivée de Cyril Ramaphosa pourrait enrayer cette spirale. “La conférence (de l’ANC) offre l’occasion au parti de changer de direction après huit ans de stagnation économique, de rhétorique qui a effrayé les investisseurs et d’une corruption qui a submergé les finances publiques”, a souligné Ben Payton, un analyste de la firme Verisk Maplecroft.

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