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Centrafrique : enfin le deuxième tour de la présidentielle

Centrafrique : enfin le deuxième tour de la présidentielle

République Centrafricaine

Les candidats à l‘élection présidentielle en Centrafrique en ont terminé vendredi avec la phase de séduction des électeurs qu’ils attendent désormais aux urnes.

C’est ce dimanche que les Centrafricains vont choisir entre Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra pour entamer la reconstruction du pays.

Un choix qui sera sans doute difficile à faire, puisque l‘écart entre les deux hommes lors du premier tour du scrutin était tenu. Anicet Georges Dologuélé, le candidat de l’URCA, l’Union pour le renouveau centrafricain est arrivé en tête avec 23,78 % des voix contre 19,42 pour le candidat indépendant Faustin Archange Touadéra.

Les deux hommes connaissent bien l’appareil d‘État puisqu’ils ont eu à occuper le poste de Premier ministre. Dologuélé sous le régime du défunt président Ange Félix Patassé et Touadéra à qui on reconnaît l’exploit d’avoir passé le plus grand nombre d’années dans un gouvernement formé par l’ex-président François Bozizé ( 5 ans). En dehors de leur réputation de travailleur, ils feraient l’unanimité sur leur discrétion.

Economiste contre mathématicien

Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra se vaudraient donc sur le plan de la rigueur. D’un côté comme de l’autre, il leur est reconnu d’avoir initié et réussi des chantiers lors de leur passage à la tête de la primature. Dologuélé est le ‘‘Monsieur propre’‘ qui quittera le gouvernement en 2001 pour prendre les rênes de la présidence de la direction générale de la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale. Cet économiste de 58 ans ouvrira par la suite un cabinet de consultant à Paris. Ses détracteurs lui reprochent d’ailleurs d’avoir été trop éloigné des réalités du pays pour être un bon président.

Faustin Archange Touadéra a également un certain talent pour jongler avec les chiffres. Il est professeur de mathématiques pures, diplômé des universités de Lille 1 (France) et de Yaoundé où il a obtenu un doctorat d’État. ’‘Le candidat du peuple’‘ aurait la reconnaissance éternelle des fonctionnaires centrafricains pour avoir mis en place le système de bancarisation de leurs salaires. Comme autre fait d’armes, il a conduit le dialogue de 2008 qui a permis la signature de plusieurs accords de paix pour mettre un terme aux différentes rébellions qui ont essaimé dans le pays, mais elles sont loin d’avoir complètement disparu. Le challenge pour le président élu sera de reprendre la main sur tout le territoire.

Plus de sérénité

Archange Touadéra ou Anicet Dologuélé seront-ils à même de ramener la sérénité dans la vie de leurs compatriotes ? Difficile à dire. Vendredi dans le cadre d’un débat sur la télévision nationale entre les deux hommes, les mots “réconciliation nationale” ont immanquablement été prononcés. 

La Centrafrique a vécu ces dernières années au rythme des violences communautaires. Le fossé s’est creusé entre chrétiens et musulmans même si de nombreuses initiatives se sont fait l‘écho du vivre ensemble qui n’avait jamais été démenti malgré les crises politiques précédentes. Le nouvel homme de la Centrafrique devra donc revêtir le manteau de rassembleur et régler la question des groupuscules rebelles qui conservent leur capacité de nuisance. Le tissu économique et la réforme de l’administration sont également des chantiers qui s’annoncent gigantesques. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) notait d’ailleurs dans un rapport publié l’année dernière que les données collectées dans l’ensemble du pays montrent l’ampleur de la désorganisation. Une des actions prioritaires pour relancer l’administration sera de ramener les fonctionnaires à leurs lieux de service.

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