Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

world

Burkina Faso : des milliers de déplacés échoués en ville

Burkina Faso : des milliers de déplacés échoués en ville
Image

Confrontées à des difficultés d'accès aux services sociaux de base, beaucoup n'ont d'autres choix que se déplacer vers les zones urbaines espérant trouver un peu de sécurité et des opportunités de survie. Leurs conditions de vie restent précaires et elles sont confrontées à des pénuries alimentaires et à un accès limité aux soins de santé.

Un accès limité aux soins de santé

Le centre de santé du secteur 11 de Fada N'Gourma ne dispose que d'une capacité de six lits pour près d'une centaine d'accouchements par mois. Halimatou Amadou / CICR.

« J'ai dû parcourir une longue distance pour atteindre le centre de santé. Parfois j'étais malade durant ma grossesse mais je devais me résigner à rester chez moi car je ne pouvais pas marcher des kilomètres à pieds dans mon état », explique Alice.

La population déplacée n'a souvent pas les moyens de se procurer des médicaments ou payer le transport. Cela réduit davantage leurs options d'accès aux soins de santé, déjà réduites par le manque de personnel médical dans la région.

Le CICR soutient le centre de santé du secteur 11 à Fada N'Gourma pour apporter une aide indispensable à ces personnes vulnérables. Il l'approvisionne en médicaments et à travers la donation d'une ambulance tricycle facilite le transport et les références des urgences obstétricales.

Forcés de fuir les violences armées

Agée de 40 ans, Aida vivait dans un village de la région de l'Est qui a été frappé par une attaque. Sa famille fait partie des quelques 100.000 personnes qui ont rejoint Fada N'Gourma en raison du conflit et de l'insécurité généralisée.

“Des hommes ont encerclé notre cour et ont tué mon beau-frère. Deux jours plus tard c'était au tour d'un autre frère. Nous avons laissé nos terres et nos bœufs derrière nous pour sauver nos vies”, dit Aida.

Comme des milliers d'autres familles, elle a bénéficié de biens de premières nécessités distribué par le CICR avec le soutien des volontaires de la Croix-Rouge du Burkina Faso.

“Par la suite, d'autres organisations humanitaires nous ont apporté des vivres. C'est grâce à cela que nous survivons mais je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'il nous arrivera si les dons venaient à s'arrêter. Je ne veux même pas penser au retour chez moi. Je suis toujours hantée par le cauchemar qu'ont été mes derniers jours au village”, poursuit-elle.

Le CICR veille à améliorer des conditions de vie précaire

La plupart de ces familles déplacées ont improvisé des installations de fortune dans des ilots non lotis. Les conditions de vie sont précaires et la disponibilité limitée de nourriture est un problème supplémentaire qui pourrait avoir des conséquences sur la santé des personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes enceintes et les enfants. Selon Nassouri Thombiano responsable de la maternité du secteur 11, beaucoup de femmes enceintes qui viennent en consultation prénatale souffrent de malnutrition ainsi que leurs enfants.

Le CICR réhabilite et construit de nouveaux forages pour améliorer l'accès à l'eau des populations. Dans le secteur 11 de Fada N'Gourma, la population a plus que doublé passant de 700 à 1700 habitants avec l'arrivée de nouveaux déplacés au cours des derniers mois.

« Nous avons construit un forage car dans cette zone, les habitants devaient marcher environ 3 kilomètres pour s'approvisionner en eau », explique Adboul Karim Tankoano, Technicien en eau et habitat pour le CICR.

Dépendant de l'aide humanitaire, mais désireux d'autonomie

A son arrivée à Fada N'Gourma, Alice et sa famille ont trouvé un logement en location. « Nous avons des arriérés de loyer mais heureusement le propriétaire ferme les yeux. Notre principale préoccupation reste la nourriture car nous n'avons plus de terres pour cultiver », poursuit Alice.

Bien que les personnes déplacées soient dépendantes de l'aide humanitaire, beaucoup sont impatientes de pouvoir développer une activité génératrice de revenus pour subvenir seules à leurs besoins.

« Depuis que le conflit a commencé on a remarqué un surnombre au sein de la population. Je vois beaucoup de gens, beaucoup de femmes qui tournent dans les maquis pour ramasser des capsules de bière pour aller les revendre. Quand on voit ce genre de situation, on est vraiment touché », raconte Idrissa Zongo, chargé de la jeunesse, de la formation et du volontariat à la Croix-Rouge du Burkina Faso.

Des femmes déplacées se réunissent autour d'un jardin communautaire pour cultiver des légumes et des herbes aromatiques et ensuite les revendre pour subvenir à leurs besoins.

Le projet de jardin communautaire encourage les familles à sortir de leur isolement. Cette initiative de la Croix-Rouge du Burkina Faso et du CICR est aussi un moyen de combler les clivages entre les groupes ethniques, politiques et socio-économiques.

« Cela a changé un peu leur vie parce qu'elles arrivent à revivre. Chaque matin quand elles viennent ici, elles ont des activités à faire. Elles vont pomper l'eau, elles vont arroser, elles ont des amis pour discuter. C'est le plus important ! », conclut Idrissa Zongo.

Distribué par APO Group pour International Committee of the Red Cross (ICRC).


Media files
International Committee of the Red Cross (ICRC)
Télécharger le logo

Image
International Committee of the Red Cross (ICRC)

Africanews propose à ses lecteurs du contenu fourni par APO Group. Africanews n'apporte aucun changement à ce contenu.