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La mise en oeuvre de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité au Mali au coeur d'une rencontre de niveau

La mise en oeuvre de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité au Mali au coeur d'une rencontre de niveau
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Le 24 mai dernier, l’Unité Genre de la MINUSMA a appuyé la tenue d’une visioconférence de haut niveau intitulée « Du mandat à la mission : mise en œuvre concrète de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité au Mali ». Coorganisée par les Missions Permanentes de l’Angleterre et de la France auprès des Nations Unies, ainsi que le Département des Opérations de paix, cette conférence était présidée par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux Opérations de paix, Jean-Pierre LACROIX, accompagné des  Représentant(e)s permanent(e)s adjoint(e)s de la France et de l’Angleterre aux Nations Unies, Jonathan ALLEN et Nathalie BROADHURST, ainsi que de l’Ambassadeur Issa KONFOUROU, Représentant permanent du Mali à l’ONU

Une trentaine de participants de haut niveau réunis pour discuter de l’Agenda Femme Paix et Sécurité

Selon la modératrice Jenny LORENTZEN, Chercheure principale de l‘institut d’Oslo sur Femmes, Paix et Sécurité, l’évènement avait pour but, « d'écouter et d’apprendre directement sur les expériences et les recommandations des femmes maliennes soutenant le processus de paix au Mali », notamment après que leur participation au Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali (CSA) soit passée de 3 à 31% en novembre 2020, il y a moins d’un an. Il s’agissait surtout de souligner l’importance de leur rôle dans tous les processus politiques et de paix, notamment la transition politique, la stabilisation, la médiation et la prévention des conflits. Il s’agissait aussi de renforcer leur compréhension des défis et des opportunités leur permettant d’assurer une participation pleine, égale et significative à ces processus. L’objectif final de cet événement était de soutenir la prise de décision éclairée et efficace, pour le renouvellement du mandat de la MINUSMA, par la prise en compte du genre. Cette conférence a rassemblé plus d’une trentaine de participant(e)s, dont une vingtaine en présentiel et une dizaine de personnalités en ligne intervenant sur l’importance du rôle des femmes dans les processus politiques et de paix.

Ainsi, au nombre des panelistes l’on comptait six femmes leaders maliennes, dont trois membres du CSA et trois de la société civile. De plus, la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’ONU au Mali, Joanne ADAMSON ; les Représentant(e)s permanent(e)s adjoint(e)s à l’ONU, Odd Inge KVALHEIM de la Norvège, Alice BUENROSTRO du Mexique, et Geraldine Byrne NASON de l’Irlande, ont également rejoint la plateforme des intervenants pour s’exprimer sur leur compréhension de la situation des femmes maliennes, notamment les défis et les opportunités permettant d’assurer leur participation pleine, égale et significative aux processus de paix, afin de soutenir le renouvellement du Mandat de la MINUSMA.

La participation des femmes aux différents processus : « un principe stratégique au plus haut niveau de priorité … »

Dans son mot d’ouverture, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux Opérations de paix, Jean-Pierre LACROIX, a indiqué que la participation des femmes dans les mécanismes des processus de paix et politique est « un principe stratégique qui a été mis au plus haut niveau de priorité par les Nations Unies ». Le Représentant adjoint britannique Jonathan ALLEN, a quant à lui affirmé que l’accent doit être mis sur « l’effectivité » de l’Accord de paix, notamment par la participation significative des femmes qui représentent la moitié de la population. À l’approche du renouvellement du Mandat de la MINUSMA, M. ALLEN a invité le Gouvernement malien « à prendre en compte le quota des 30% dans ses effectifs publics pour une meilleure mise en œuvre de l’Accord ».

« Nous devons reconnaitre les progrès, reconnaitre les défis, et partager les expériences des femmes déléguées au CSA », a déclaré Nathalie BROADHURST, la Représentante permanente adjointe de la France. Elle a par ailleurs rendu hommage aux femmes maliennes de la société civile qui ne ménagent aucun effort pour leur participation politique au Mali et au Sahel dans l’ensemble. Pour sa part, Issa KONFOUROU, le Représentant permanent du Mali, a rappelé que les 20 millions de Maliennes et de Maliens (dont la moitié sont des femmes), font encore face au combat pour la paix, avant d'ajouter que son pays « pouvait encore mieux faire, notamment dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix ». Il a rappelé que son gouvernement est conscient de la nécessité de mettre les femmes à contribution et que la loi 052-2015 qui a été votée, « continue d’être mise en œuvre ». De plus, l’Ambassadeur malien souligne que l’application du plan d’action sur les FPS « imprime des progrès énormes dans la mise en œuvre de l’accord », et que : « la participation des femmes renforce la confiance, et contribue à accélérer sa mise en œuvre ». D’autres ambassadeurs comme celle du Mexique, ont également exprimé leur satisfaction quant à l’organisation de cette conférence de haut niveau.  Alice BUENROSTRO a attiré l’attention sur les violences sexuelles (basées sur le genre) qui continuent d’être perpétrées au Mali, raison pour laquelle elle s’est dit favorable au renouvellement du Mandat de la Mission onusienne au Mali, dans le but de soutenir les femmes.

Malgré les multiples défis il existe des opportunités pour les femmes du CSA 

Le premier panel de discussion a d’abord mis en évidence les contributions des femmes membres du CSA, notamment celle de l’ancienne ministre Maiga Sina DAMBA sur les opportunités et les défis de la mise en œuvre de l’Accord. L’ancienne ministre a rappelé que les femmes ont été inclues dans ce processus par un plaidoyer très fort, notamment celui de la MINUSMA et d’autres partenaires internationaux tels que le FBA (Folke Bernadotte Academy) et de l’ensemble des femmes de la société civile. Elle a également noté le fait qu’« elles n’ont été inclues que six ans après sa signature, et lors de la 40ème session »,  et qu’il n’y a que « 31 femmes sur 1045 hommes dans l’ensemble du processus de mise en œuvre de la paix, soit encore moins de 3% ». Elle a relevé certains défis auxquels les populations font face, notamment l’absence de sécurité. Parlant des points positifs, elle a souligné que les femmes sont « déterminées et engagées à apporter leur pierre à la construction de la paix », notamment par l’éducation des enfants, l’ouverture des centres de santé (incluant l’enregistrement officiel des naissances), l’autonomisation économique à travers le financement des projets. Les interventions de Mesdames Hadizatou Mint ZIDDOU, et Lalla Moulaye HAIDARA, ont surtout porté sur l’institutionnalisation de ce type de rencontres, car : « les femmes ne sont qu’à leur troisième participation au CSA », et doivent bénéficier « d’une inclusion et d’un financement plus large », et que les parties signataires puissent « s’impliquer avec plus d’autorités, et surmonter leurs clivages…pour que les femmes profitent des dividendes de la paix ».

Les efforts de mise en œuvre de l’agenda FPS et la résolution 1325 au Mali

Le second panel de discussion a permis d’entendre les pensées des femmes de la société civile, dont celle de la ministre de la promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et présidente de Widalf-Mali, Mme Bintou SAMAKE. La ministre SAMAKE a centré son propos sur la mise en œuvre du plan d’action de la résolution 1325 au Mali, en soulignant qu’elle a été appuyée par l’unité Genre de la MINUSMA. Elle a entre autres mentionné participation et la protection des femmes, deux des quatre piliers de ce plan. Dans ces volets, elle a relevé que « nous n’avons pas de mécanisme qui permette de convaincre les bureaux politiques pour la mise en œuvre effective du quota des 30% », et ajouté qu’ « il s’agit de renforcer le plaidoyer dans ce sens, mais aussi renforcer les femmes qui viennent d’entrer au CSA, et de même renforcer les mécanismes d’intégration politique des femmes au sens large ». Dans le volet protection, elle a abordé plusieurs aspects, notamment le soutien des partenaires, incluant la contribution de la MINUSMA et de la Communauté internationale. Elle a demandé que cette contribution continue d’être renforcée, notamment par les programmes comme le « One Stop Center » pour la dénonciation des violences faites aux femmes, mais aussi leur accès aux services juridiques. Les interventions du Docteur Diallo Déidia Mahamane KATTRA et Mme Fatoumata Traoré se sont appesanties sur les conséquences des conflits armés sur les femmes et les enfants et surtout, sur la création d’un observatoire inclusif de femmes, en tenant compte de la diversité ethnique du Mali.

Après avoir félicité les activistes maliennes pour leur leadership et la richesse de leurs contributions, Mme ADAMSON a remercié les partenaires qui soutiennent les femmes au CSA, notamment l’institut suédois FBA, l’Eglise Norvégienne, et les collègues de la Mission des Nations Unies au Mali. La Norvège s’est aussi exprimée sur son appui aux femmes du CSA. Odd Inge KVALHEIM, son Représentant permanent a noté que le rôle des femmes doit être accentué dans les services sociaux et de santé, de même que dans le soutien aux personnes handicapées doit être renforcé. Il a finalement posé la question de la diversité culturelle des femmes dans la construction de la paix.

Au cours de cet échange de haut niveau, de nombreuses opportunités identifiées par les femmes maliennes, dans les efforts de mise en œuvre de la paix, ont été exposées. L’importance de l’engagement international pour l’inclusion des femmes et la mise en œuvre d’un observatoire inclusif de la diversité femmes, en font partie. Cependant, ses opportunités restent ralenties par d’importants défis comme l’insécurité et le faible engagement politique des hommes. 

Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA).


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