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Le Maroc et la Banque africaine de développement en première ligne dans la lutte contre le Covid-19

Le Maroc et la Banque africaine de développement en première ligne dans la lutte contre le Covid-19

Rabat, un soir de décembre 2020, autour de minuit. Les rues sont vides, le temps semble suspendu dans la capitale du Royaume. Seuls les agents de l’ordre et de la voirie en arpentent les artères.

La sirène d’une ambulance déchire la nuit d’une ville endormie. À l’intérieur du véhicule, des urgentistes, entièrement vêtus de combinaisons étanches, oxygènent un homme en détresse respiratoire. Direction le service de réanimation de l’hôpital.

« J’ai pensé que j’allais mourir et laisser ma famille et mes enfants seuls. J’étais stressé, j’avais peur », racontera le docteur Jamal Eddine Bararh, quelques jours après sa guérison du Covid-19. « Avec un poumon en moins, je n’arrivais ni à respirer, ni à me tenir debout. »

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, pour le Maroc comme partout dans le monde, cette scène fait malheureusement partie du quotidien. Pour endiguer la propagation du virus et sauver des vies, des restrictions draconiennes ont dû être mises en place. Répercussions immédiates : confinement, frontières fermées et économie à l’arrêt.

Le Maroc déploie sa riposte sanitaire face au virus. « Nous avons élargi la prise en charge sur l'ensemble du territoire et équipé les hôpitaux à temps pour leur permettre d’avoir les outils de réponse à cette pandémie, explique le directeur de la planification et des ressources financières au ministère de la Santé, Abdelouahab Belmadani. Nous avons pu ainsi maîtriser les cas positifs. »

Pour faire face à cette situation d’urgence, la Banque africaine de développement a soutenu le Royaume en apportant plus de 380 millions d’euros à travers le programme d’appui à la réponse au Covid-19 (PARC-19) (https://bit.ly/3tweutB) et le financement additionnel du programme d’appui à l’amélioration de la protection sociale (PAAPS-FA Covid-19) (https://bit.ly/3qTmsv3). D’importants moyens ont été mobilisés : 54 services d’urgences hospitalières ont ainsi été réhabilités, près de 670 nouveaux lits de réanimation installés, et plus de 30 nouveaux centres de dépistages rendus opérationnels. Des dispositifs pharmaceutiques spécifiques au virus ont également été financés.

Ces efforts, qui portent leurs fruits, ont permis d’éviter que la situation sanitaire ne se dégrade. « Le taux de guérison au Maroc, aujourd’hui de 90%, est parmi les plus élevés au monde, affirme Abdelouahab Belmadani. La capacité en réanimation a été multipliée par trois en neuf mois, avec des hôpitaux équipés en un temps record de 6 000 lits de réanimation. La Banque africaine de développement nous a accompagnés dès le début de la pandémie en mettant à notre disposition un montant important pour nous permettre d’agir avec célérité et efficacité. »

Le Maroc s’est fixé comme objectif d’endiguer totalement la pandémie. L’efficacité de sa réponse sanitaire en dépend. Ainsi, l’acquisition de plus de 200 000 kits de dépistage a bénéficié d’un soutien de l’institution. « Notre seul laboratoire est passé d’une capacité annuelle de 2 000 tests par an à 5 000 tests par jour. C’est une prouesse nationale ! », se félicite le professeur Hicham Oumzil, chef du département de virologie à l’Institut national d’hygiène (INH) qui explique la montée rapide de la capacité de test du Royaume.

Défis économiques et sociaux

Avec le virus, les problèmes économiques et sociaux ont surgi de façon inédite : entreprises sur le point de mettre la clé sous la porte, patrons désemparés, salariés déprimés, notamment les plus vulnérables. L’accompagnement du secteur privé et la préservation des emplois ont également été les priorités de la Banque. L’institution a ainsi soutenu les aides publiques accordées aux employés fragilisés durant les premiers mois de confinement et a appuyé les dispositifs facilitant l’accès au financement pour les entreprises. Plus de cinq millions de ménages ont été épaulés, 800 000 salariés aidés et 40 000 entreprises ont pu bénéficier de prêts garantis par l’État.

Youssef Mquirej, directeur général de l’entreprise « Imagia Maroc » spécialisée dans l’événementiel, est totalement stupéfait. « La crise, c’est du jamais vu ! se désole-t-il. Des bons de commande annulés, des fournisseurs qui réclament, et puis, l’incertitude totale… J’ai dû me battre pour protéger mes dix salariés et mon entreprise. Mes employés ont reçu des aides de l’État pendant le confinement, et nous avons bénéficié de crédits pour relancer l’activité qui reprend aujourd’hui », développe-il avant d’ajouter, confiant : « dans chaque crise, il y a de l’espoir, il faut savoir rester positif. »

L’espoir, Amal Bararh, fille du médecin rescapé du virus, ne l’a jamais perdu. C’était le carburant de sa détermination à sauver son père. La force qui lui a aussi permis de dépasser une véritable tragédie familiale avec le décès de ses deux grands-parents paternels, victimes du Covid-19. « Ça s'est passé tellement vite. Je voyais mon père partir un soir en réanimation, et, dans le même temps, ma grand-mère décéder la même nuit du virus », raconte la jeune femme éprouvée. « Du coup, on devait être forts pour lui et faire le maximum pour qu'il puisse s'en sortir. Aujourd'hui, il est là parmi nous et on peut continuer notre vie tranquillement », conclut-elle, soulagée.

Son père, gynécologue de profession, parle avec gravité : « ce virus a tué mon père et ma mère, Il a failli m’avoir moi aussi. À tous ceux qui pensent que le virus n'existe pas ou qu’il n'est pas dangereux, je dis que c'est de l'inconscience totale… » Aussi, exprime-t-il une reconnaissance sans borne « aux médecins, aux infirmiers et à tous ceux qui étaient à mon chevet. Après ce que j'ai vécu, mon regard sur la vie a totalement changé. Ce qui avant était anodin est aujourd'hui précieux. Et la vie est très précieuse… ». La gratitude de ce rescapé se joint à celle de tous les marocains qui, durant les premiers jours de confinement, applaudissaient le personnel de santé en scandant l’hymne national à leurs balcons.

Car, chaque vie compte. Car chaque destin compte.


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