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Lettre économique d’Egypte n°99 – Août 2019

Lettre économique d’Egypte n°99 – Août 2019

Par Jérôme Baconin, Chef du Service Economique

Bon retour à ceux qui ont profité de la pause estivale pour changer d’air, soit sur la côte nord, soit sous d’autres cieux.

Permettez-moi de commencer par souhaiter la bienvenue à notre nouvelle VIA, Rébecca Portail, arrivée fin juillet, et qui commence par deux contributions à ce numéro de la LEE. L’actualité économique de l’été a été dominée par quatre événements, d’inégales importances : en tout cas chacun leur apportera l’importance qu’il voudra.

On commencera par le lancement de la première phase du déploiement de l’assurance maladie universelle dans le gouvernorat de Port-Saïd. Certes, dans ce que l’on peut encore qualifier de lancement pilote, beaucoup reste à faire. Mais cette première étape servira à mieux définir certains des besoins nécessaires à la mise en place de cet important projet. Il va s’agir d’essuyer les plâtres durant cette expérimentation dont les résultats seront attentivement scrutés. Pourtant, on peut se demander parfois si l’on n’a pas confondu vitesse et précipitation tant les questions à résoudre restent nombreuses, y compris sur le financement et sur les outils numériques à mettre en place. Mais sans doute à trop attendre ou repousser le lancement de ce pilote, c’est la réforme elle-même qui risquait d’être décrédibilisée. D’où cette décision volontariste que l’on peut saluer.

Autre décision prise cet été : l’annonce par le Président de la République d’une initiative « Vélo pour tous ». Cela peut paraître de moindre importance au regard de l’assurance maladie. Mais ne dit-on pas « mens sana in corpore sano » ? Il est sûr que l’Egypte ne brille pas par le développement de ce moyen de locomotion, pourtant le moins polluant qui soit. La bicyclette doit encore changer son image, trop rattachée à celle de couches sociales pauvres, elle doit gagner ses lettres de noblesses. Des initiatives locales s’attachent à populariser « la petite reine » en Egypte. En ces temps de lutte contre le changement climatique, on ne peut qu’accueillir avec sympathie cette initiative présidentielle.

Le changement climatique et ses conséquences, parlons en justement ! L’Égypte vient de déclarer l’état d’urgence hydrique. Dépendant très largement du Nil, l’Egypte se trouve déjà en situation de stress hydrique. Situation qui ne cesse de s’aggraver avec la conjonction de plusieurs facteurs : une forte démographie, un gâchis d’eau potable, une insuffisance du traitement et de la réutilisation des eaux usées, et last but not least, une dépendance du niveau des pluies sur le plateau abyssin où le Nil bleu prend sa source dont dépend le volume d’eau disponible en aval.

Enfin, le fonds de soutien aux exportations vient d’être profondément modifié. Désormais, la politique de soutien aux exportations veut être plus ciblée. L’avenir nous dira si le nouveau dispositif atteindra l’objectif qu’il se fixe : augmenter les exportations, réduire le déficit commercial de l’Egypte. Il n’en demeure pas moins que beaucoup de nos entreprises exportent depuis l’Egypte, et attendent des autorités le paiement des arriérés auxquels elles ont droit au titre de l’ancien dispositif. Le meilleur encouragement pour exporter ne consiste-t-il pas d’abord, avant de mettre en place un nouveau dispositif de lui donner la crédibilité qu’il mérite en soldant équitablement les arriérés de l’ancien dispositif ?

Et dernière minute qui ne peut figurer qu’au titre des brèves économiques : le comité de la politique monétaire de la banque centrale d’Egypte a décidé le 22 août de réduire de 150 points de base ses taux directeurs portant ainsi son taux principal à 14,75%, et ses taux de dépôt au jour-le-jour à 14,25% et de prêt à 15,25%. Cette décision était attendue (les marchés anticipaient néanmoins seulement une baisse de 100 points de base) après la baisse sensible de l’inflation constatée ces deux derniers mois (8,7% en juillet) tandis que la croissance reste robuste (5,6% sur l’année fiscale 2018/19). Reste à savoir si ce mouvement de réduction des taux continuera : ils restent encore trop élevés pour espérer un impact significatif sur le financement de l’économie, l’impact positif immédiat attendu étant en l’état sur le coût du service de la dette.


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