RDC : l'armée promet d'arrêter "tout militaire" en lien avec les FDLR

Des soldats congolais à l'entrée d'une base militaire lors d'une session de recrutement de volontaires dans l'armée contre la rébellion du M23, à Goma, le 7 novembre 2022   -  
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ALEXIS HUGUET/AFP or licensors

L'armée de la République démocratique du Congo a annoncé vouloir arrêter et punir "tout militaire" en contact avec des miliciens des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), évoquant une "tolérance zéro" pour les contrevenants, quel que soit leur grade.

Les FDLR sont un groupe armé créé par d'anciens hauts responsables du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, réfugiés dans l'est de la RDC après leur débâcle la même année.

Le groupe est sous sanction du Conseil de sécurité des Nations unies depuis 2012. Ses combattants sont accusés de nombreux meurtres, mutilations, viols, déplacements forcés de population et enrôlement d'enfants.

Les FARDC (Forces armées de la RDC) sont accusées depuis mi-2022 de collaborer avec les FDLR, principalement Hutu , pour endiguer l'avancée des rebelles du M23 , dirigés par des Tutsi, dans la province du Nord-Kivu .

Dans une déclaration vidéo diffusée mardi soir, le porte-parole de l'armée congolaise, le général Sylvain Ekenge, a proclamé une "interdiction stricte et sans faille" pour tous les soldats, "quel que soit leur rang" , de "nouer ou d'entretenir tout contact" avec des miliciens FDLR.  "Tout contrevenant" sera "mis aux arrêts et subira la rigueur de la loi" , a-t-il déclaré.

Selon des experts indépendants de l'ONU, des soldats congolais ont coopéré avec les combattants des FDLR contre le M23 depuis le retour de la rébellion fin 2021.  Elle s'est depuis emparée de pans entiers du Nord-Kivu, province frontalière du Rwanda et de l'Ouganda , provoquant, selon l'ONU, la fuite de plus d'un million de personnes.

Le M23 est appuyé en hommes et en armes par le Rwanda, selon des experts de l'ONU.  A de nombreuses reprises, le gouvernement rwandais a dénoncé la collaboration entre les FARDC et les FDLR, qu'il désigne comme une menace pour sa sécurité.

Fin octobre, une équipe de l'AFP a été témoin de collaborations entre des soldats congolais et des combattants des FDLR, dans la ville de Bambo au Nord-Kivu, alors que le M23 attaquait la ville.

La déclaration de l'armée congolaise interdisant la coopération avec les FDLR fait suite à une récente visite en RDC et au Rwanda de la responsable du renseignement américain, Avril Haines.

La Maison Blanche a déclaré mardi qu'elle avait obtenu des dirigeants des deux pays la promesse d'une désescalade des tensions.

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