Tchad : les magistrats en grève réclament plus de protection

Archives - Le drapeau tchadien flottant sur un monument de la Place de la Nation, à N'Djamena.   -  
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ISSOUF SANOGO/AFP

Les magistrats du Tchad ont décidé d’entrer en grève illimitée suite à l’assassinat du procureur de la République.

Les magistrats tchadiens se sont réunis ce lundi 28 juin au palais de justice de la capitale N’Djamena pour dénoncer le climat d’insécurité régnant au sein de la magistrature.

Quelques jours plus tôt, l’assassinat du procureur de la République Ahmat Mahamat Hamba près du Tribunal de Grande Instance d’Oum-Hadjer, le 24 juin dernier, avait secoué toute la profession et provoqué la colère du corps.

Lors de cette assemblée générale, les magistrats de diverses régions du pays ont notamment exigé plus de sécurité pour le corps judiciaire, ainsi qu'une dotation d’armes de poing.

"Après le deuil, nous nous sommes réunis aujourd’hui en assemblée générale pour discuter de la question de l’insécurité en milieu judiciaire. Nous, les magistrats, sommes exposés à tous les dangers. Les tribunaux ne sont pas protégés et les magistrats ne sont pas sécurisés, raisons pour lesquelles les magistrats ont débattu de la question ce matin" , affirme le président du Syndicat du Magistrat du Tchad (SMT) Moussa Wade Djibrine.

Dans sa prise de parole, il a aussi interpellé le président de la république Mahamat Idriss Déby : " il faut que l’Etat intervienne, plus précisément le chef de l’Etat en sa qualité de président de la République et de président du Conseil Supérieur de la Magistrature qu’il intervient personnellement pour nous résoudre ce problème en milieu judiciaire ", ajoute-t-il.

Une grève qui se prolonge

Déjà en grève depuis trois jours, les magistrats du pays semblent bien décidés à poursuivre leur cessation de travail. Lors d’un entretien avec l’agence Anadolu le président du SMT Moussa Wade Djibrine a déclaré que les membres du syndicat avaient voté une " grève illimitée"  tant que les autorités tchadiennes n’auront pas répondu au problème d’insécurité. " Pour rendre justice, il faut avoir une tranquillité d’esprit et, tant que les juges ne sont pas en sécurité, ils ne pourront pas rendre justice " a t-il ajouté.

Déjà en septembre 2020, les magistrats avaient exprimé leur indignation par une grève d’une semaine sur l’ensemble du territoire, après qu’un Colonel ait été amené de force par des policiers armés alors qu’il se trouvait au sein même du palais de justice N’Djamena.

Ce mardi, Taoka Bruno le président du Syndicat autonome des magistrats du Tchad (SYAMAT) quant à lui, n’a pas omis de rappeler les faits en soutenant que : " l’assemblée générale a décidé également une poursuite qui va être déclenchée outre ces agents de la police qui ont outragé des magistrats."  Les juges veulent faire cesser tout outrage à l’encontre du corps judiciaire.

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