WAN Show 2.0 : les artistes africains se réinventent pour lutter contre la Covid-19

Le Coronavirus a bouleversé le quotidien de millions de personnes à travers le monde. Si beaucoup tentent de s’adapter pour limiter les retombées de la Covid-19 sur le plan sanitaire, économique et social, l’univers musical n‘échappe pas à la fièvre du virus. Entre sensibilisation et blessures à panser suite à la perte des êtres chers, les artistes composent désormais au rythme de la pandémie.

En Afrique par exemple, plusieurs artistes ont prêté leurs voix pour sensibiliser sur les mesures barrières. C’est le cas par exemple de Fredy Massamba. L’artiste d’afro-soul de renommée internationale, d’origine congolaise a repoussé la date de sortie de son 3e album pour revisiter son répertoire afin d‘être en phase avec le contexte difficile de Covid-19. Il particpe par ailleurs ce lundi 25 mai au WAN Show 2.0. C’est une journée de rencontres et de débats sur les réseaux sociaux organisée dans le cadre de la Journée mondiale de l’Afrique parrainée par l’artiste sénégalais Youssou N’Dour.

Fredy Massamba, le secteur culturel comme bien d’autres secteurs sont aujourd’hui affectés par les impacts du Coronavirus. Comment vivez-vous ce moment?

En effet c’est un moment difficile qui nous ai tombé dessus de façon inattendue. Et nous les artistes, c’est encore plus difficile, à cause, du confinement plusieurs spectacles ont été annulés. J’ai moi dû par exemple repoussé une centaine de dates, en rapport avec la sortie de mon troisième album qui d’ailleurs a subi quelques modifications vue le contexte actuel de Coronavirus. Un artiste se doit de faire l‘écho du monde qui l’entoure, et donc c‘était aussi le moment de se remettre en question. Mais un mal pour un bien comme on dit, le confinement a aussi servi à quelque chose, parce que j’ai pu me réinventer, faire des choses que je n’avais pas le temps de faire, écouter de nouvelles révélations musicales africaines, comme se rapprocher encore plus des membres de ma famille. Et même profiter de l’environnement qui s’améliore vu la réduction du taux de gaz à effet de serre dans le monde. Mais, je suis également impatient de retrouver mon public au Congo pourquoi pas pour un spectacle de grande envergure.

Le Coronavirus a aussi emporté quelques grands artistes comme Manu Dibango ou encore Aurlus Mabélé, qu’avez-vous ressenti à l’annonce de ces tristes nouvelles?

La mort de papa Manu a été très dure pour moi et comme pour beaucoup d’autres artistes de ma génération qui ont été influencés par son talent et son expérience. Quand vous perdez des gens qui ont été pour vous des modèles, c’est comme si vous perdiez une jambe, vous vous sentez incomplet et c’est la même chose pour Aurlus Mabélé ou même récemment encore Mory Kanté. Mais en même temps, leur mort interpelle notre conscience pour continuer ce qu’ils ont commencé, mais dignement, c’est-à-dire dans le respect de l’art et la volonté de sans cesse s’améliorer.

Vous participez au Wan show 2.0, un concert virtuel inédit, on voit bien que la scène culturelle change. Va-t-on vers une nouvelle tendance qui va durer même après le Coronavirus?

Freddy Massamba : la musique et l’art en général vivront tant que le public en voudra. Les formes de consommation évoluent, mais comme vous voyez, l’art s’adapte. Je trouve que cela doit continuer et seul l’avenir nous dira quelle tournure, les choses vont prendre. Et cela est un honneur pour moi de participer à cet événement qui réunira autour de cette scène virtuelle des centaines de grands noms de la musique africaine, Youssou Ndour, Angélique Kidjo, Magic Système, Salif Keita, Hiro Fally Ipupa et biens d’autres. Et le message reste le même, respecter les gestes barrières sans oublier le message de paix et de réconfort pour les familles endeuillées.

Propos receuillis par cédric Lyonnel Sehossolo
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