Côte d’Ivoire : c'est officiel, Guillaume Soro est candidat à la présidentielle de 2020

Ce que tout le monde pressentait a fini par devenir réalité ; Guillaume Soro, l’ancien chef rebelle, ex-Premier ministre puis récemment président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a officialisé sa candidature pour la présidentielle de 2020 qui se tiendra dans son pays. L’ancien allié du président Ouattara a annoncé la nouvelle à Valence (Espagne), en présence de ses inconditionnels.

C’est donc désormais officiel, Guillaume Soro vise le fauteuil suprême de son pays. Celui que les Ivoiriens surnomment Thiéni Gbanany (l’enfant terrible, surnom inspiré d’un livre ivoirien de contes pour enfant, qui relate la vie d’un petit garçon intrépide, NDLR) l’a fait savoir au cours d’une réunion retransmise sur les réseaux sociaux qu’il a tenue en présence de ses sympathisants.

Après avoir maintenu le secret de Polichinelle dans ses tiroirs pendant longtemps, Soro se lâche, non sans se voir déjà bien lancé dans la course au sommet :

‘‘Il y a des partis politiques qui sont pro-Soro, qui m’ont déjà choisi pour être leur candidat. Donc, je serais candidat. Maintenant, si je gagne au premier tour, honnêtement, je serais content. Mais s’il y a un deuxième tour, celui d’entre nous qui aura le plus de points, il aura le soutien des autres.’‘

Guillaume Soro, ancien allié et désormais opposant de l’actuel régime (il a été à la tête de l’ex-rébellion des Forces nouvelles, bras armé qui a contribué à l’accession du président Ouattara au pouvoir, NDLR) a profité de sa réunion pour partager une information qui a inquiété ses inconditionnels.

Selon lui, la semaine dernière, des hommes ont débarqué de nuit à sa chambre d’hôtel, déclinant leur identité comme étant des agents d’Interpol Espagne Objectif, l’interpeller. C’est après un long entretien avec ses visiteurs nocturnes que ces derniers se sont retirés des lieux, toujours selon le désormais candidat à la présidentielle ivoirienne. Soro ajoute de même avoir opposé un refus lorsque ses visiteurs lui ont demandé de les suivre.

Pour l’ancien bras droit de Ouattara, il ne faut pas chercher loin les auteurs de cette ‘‘tentative d’arrestation’‘ ; il s’agit de l’actuel régime qui, d’après lui, fait tout pour l’‘humuilier’‘. Il est d’ailleurs revenu sur les récents épisodes du visa qui lui a été refusé pour les Etats-Unis et de l’interminable attente qu’il a dû subir pour renouveler son passeport ivoirien. Pour lui, aucun doute, le pouvoir Ouattara est derrière tout ça.

Victimisation tous azimuts

Soro fait dans la victimisation, se demandant ce qu’il a bien pu faire à ses détracteurs : ‘‘Mais pourquoi tant de haine ? J’ai fait quoi ? Simplement parce que je ne veux pas militer au RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition de partis politiques, au pouvoir, NDLR) ?’‘

Et le candidat d’ajouter : ‘‘D’ordinaire, les pays se battent pour aller chercher leurs ressortissants dans les autres pays. Mais moi, c’est mon pays qui se bat pour que tous les pays m’arrêtent.’‘ Soro ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, menaçant de porter plainte.

Quant aux autorités ivoiriennes, elles n’ont pas perdu de temps avant de réagir aux propos de l’ex-filleul de Ouattara. L’une d’elles, membre de la sécurité présidentielle, réagit sous le couvert de l’anonymat : ‘‘Je suis catégorique ; ça ne vient pas de chez nous. Nous n’avons pas saisi Interpol.’‘

Soro Guillaume, ancien secrétaire général de la FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) s’est rendu célèbre au-delà des frontières ivoiriennes en 2002 lorsqu’il s’est retrouvé à la tête de l’ex-rébellion des Forces nouvelles.

A l‘époque de la rébellion ivoirienne qui a sévi de 2002 à 2011, Guillaume Soro avait activemement contribué à la chute de l’ancien président Laurent Gbagbo, aujourd’hui en liberté conditionnelle en Belgique, après avoir été blanchi d’accusations de crime de guerre et crime contre l’humanité par la Cour pénale internationale.

Avec une telle candidature, la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire s’annonce électrique, d’autant que l’actuel président Ouattara n’a toujours pas dit s’il se présentera pour un troisième mandat ou pas. A titre d’information, la Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats, le premier n‘étant renouvelable qu’une seule fois.

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