Afrique du Sud: 25 ans après la fin de l'apartheid, la liberté reste un défi

Vingt-cinq ans jour pour jour après l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud, la population “ne peut pas être libre” compte tenu de la pauvreté, du chômage et de la corruption qui gangrènent le pays, a déclaré samedi le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

“Nous sommes réunis ici pour fêter le jour où nous avons gagné notre liberté”, a déclaré Cyril Ramaphosa lors d’un discours à Makhanda (anciennement Grahamstown), ville du sud du pays.

Rappel historique

Le 27 avril 1994, étaient organisées en Afrique du Sud les premières élections démocratiques. Pour la première fois, les Noirs, qui représentent les trois-quarts de la population, votaient, mettant ainsi fin à trois siècles de domination blanche et au régime de l’apartheid en place depuis 1948.

“Nous nous rappelons de ce moment où nous avons fait une croix sur le bulletin de vote pour la première fois de notre vie”, a témoigné Cyril Ramaphosa, rendant hommage à Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et premier président sud-africain noir, élu en 1994.

Cependant, “nous ne pouvons pas être une nation libre quand autant de gens vivent dans la pauvreté (...), n’ont pas assez à manger, n’ont pas de toit digne de ce nom, n’ont pas accès à des services de santé de qualité, n’ont pas les moyens de gagner leur vie”, a estimé Cyril Ramaphosa, chef du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994,

“On ne peut pas être une nation libre tant que les fonds destinés aux pauvres sont gaspillés, perdus ou volés (...), tant qu’il y a de la corruption dans notre pays”, a ajouté le président.

Appel à l‘égalité

Cyril Ramaphosa a succédé en 2018 à la tête du pays à Jacob Zuma, poussé à la démission par l’ANC à cause des scandales de corruption dans lesquels il est empêtré.

“Au moment où nous célébrons les 25 ans de démocratie, nous devons concentrer nos efforts pour que tous les Sud-Africains puissent profiter des bénéfices économiques et sociaux inhérents à la liberté”, a lancé le chef de l’Etat.

Malgré l‘émergence d’une classe moyenne en Afrique du Sud, la première puissance industrielle du continent, 20% des foyers noirs vivent dans une extrême pauvreté contre 2,9% des foyers blancs, selon l’Institut sud-africain des relations entre les races (IRR).

Le chômage frappe actuellement 27% de sa population active, contre 20% en 1994.

AFP
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