Tueries à Beni : la cheffe de l'ONU en RDC évoque des négociations avec les ADF

La cheffe de la mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco) a envisagé mardi “des négociations” avec les Allied Democratic Forces (ADF) qui sèment la terreur dans le Nord-Kivu (est).

“C’est ma conviction. Je ne crois pas qu’un groupe qui est dans ce pays depuis les années 80, on peut le vaincre uniquement par les armes”, a déclaré Leïla Zerrougui lors d’une conférence de presse.

Les ADF sont historiquement des rebelles ougandais musulmans hostiles au président ougandais Yoweri Museveni installés depuis la fin des années 90 dans l’est de l’actuelle RDC.

Ils sont tenus responsables depuis octobre 2014 de la tuerie de centaines de civils – 235 depuis début 2018 – et de 15 Casques bleus dans la région de Beni, sans revendication précise.

“Les négociations peuvent se faire dans la mesure où l’on dit : Déposez les armes”, a ajouté la cheffe de la Monusco.

“On est en train de faire la même chose avec le FRPI”, a-t-elle poursuivi en référence à un groupe armé congolais actif dans la province voisine de l’Ituri.

“C’est un groupe armé étranger. Il ne peut pas revendiquer des droits en RDC”, a-t-elle insisté au sujet des ADF.

“Je ne prône pas l’impunité. Mais tous les moyens doivent être explorés pour mettre fin à la souffrance des populations”, a-t-elle conclu.

Elle rappelle que les ADF “occupent des zones entières”, font “beaucoup de mal” à l’armée congolaise, et menacent “notre présence”, avec un Casque bleu enlevé, dont “on ne sait s’il est vivant ou s’il est mort jusqu‘à aujourd’hui”.

Un député de l’opposition, Muhindo Nzangi, estime que “Beni n’est pas protégé”. Il a été joint par l’AFP de retour d’une mission parlementaire dans cette ville du Nord-Kivu. “L’armée n’attaque plus, elle est sur la défensive au point que les ADF peuvent mener des attaques dans les rues de Beni”, a-t-il ajouté.

L’ex-responsable de la société civile de Beni, Gilbert Kambale, a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) de mener une enquête “pour établir les responsabilités, les auteurs intellectuels et tous ceux qui sont des exécutants” de ces massacres.

AFP
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