La Malaisie a élu son nouveau dirigeant, âgé de 92 ans

Mahathir Mohamad revient aux commandes de la Malaisie. L’ancien dirigeant aujourd’hui âgé de 92 ans est appelé à diriger le pays après la victoire aux législatives de son parti.

Un véritable coup de tonnerre, s’accordent à dire les observateurs sur les élections qui viennent de s’achever en Malaisie. Quinze années après la fin de son premier mandat (1981-2003), l’ancien président Mahathir Mohamad fait son grand retour sur le devant de la scène, suite à sa victoire historique sur Najib Razak, le Premier ministre sortant.

La coalition de partis d’opposition dirigés par Mahathir Mohamad a remporté 121 sièges, incluant ceux d’un petit parti allié dans l’Etat de Sabah (Bornéo), sur les 222 à pourvoir au Parlement, soit la majorité absolue pour former un gouvernement.

Jusqu‘à cette semaine encore, l’issue de ces résultats restait incertaine au regard de l‘énergie déployée par le gouvernement pour contrecarrer la victoire de l’opposition : redécoupage électoral, nouvelles frontières administratives, modification de la composition démographique et ethnique des circonscriptions à son avantage… fait remarquer Sophie Lemière, chercheuse spécialisée sur la Malaisie à l’université américaine de Harvard à Libération.

Mais à la proclamation des résultats, le Premier ministre Najib Razak a vite fait de reconnaître le “verdict des urnes”, soulignant toutefois que c‘était au roi de décider qui serait le nouveau chef du gouvernement dans la mesure où aucun parti n’a remporté la majorité à lui seul.

Un retrait envisagé

Jusqu‘à un passé récent, Mahathir Mohamad et Najib Razak étaient des alliés de la vie politique malaisienne. Mais les rapports se sont vite tendus lorsque ce dernier a été cité dans un scandale de détournements au détriment du fonds souverain 1MDB, créé à son arrivée au pouvoir en 2009 pour moderniser le pays et aujourd’hui endetté de quelque 10 milliards d’euros.

Depuis, Mahathir Mohamad est passé dans l’opposition et réuni autour de lui plusieurs partis, jusqu‘à ceux qu’il avait interdits du temps où il était au pouvoir. Symbole de ce rétropédalage, sa réconciliation avec son ex-ennemi juré, Anwar Ibrahim, actuellement en prison et à qui il a promis de céder sa place une fois qu’il sortira (probablement le 8 juin). Ce dernier devra toutefois se faire élire comme député pour espérer prétendre à ce poste.

Si certains considèrent Mahathir comme le père fondateur de la Malaisie moderne, crédité pour avoir développé ce pays relativement riche, d’autres lui reprochent d’avoir jeté en prison des opposants et exacerbé les tensions ethniques dans cette nation multiethnique.

Ce jeudi, Mahathir a prêté serment devant le roi.
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