La Tanzanie veut construire un barrage sur un site classé de l'Unesco

Le président tanzanien John Magufuli a annoncé son intention d’accélérer la construction d’un barrage hydroélectrique dans l’une des plus grandes réserves d’Afrique, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

M. Magufuli a demandé à ce que “le barrage soit construit le plus rapidement possible (...) pour que nous puissions produire l‘électricité vitale à notre industrialisation”, selon un communiqué de la présidence daté de mardi.

La construction de ce barrage dans la réserve du Selous (sud), déjà listée comme un site “en danger” du Patrimoine mondial de l’Unesco, est censée permettre de produire 2.100 mégawatts d‘électricité.

Seulement 2 % de la population rurale et 39 % de la population urbaine ont accès à l‘électricité en Tanzanie, selon l’ONU.

Des experts envoyés par l’Éthiopie, qui avait achevé de construire l’an passé le plus haut barrage d’Afrique, étaient mercredi en Tanzanie pour évoquer le projet, selon le communiqué de la présidence tanzanienne.

M. Magufuli avait gagné le surnom de “tingatinga” – “bulldozer” en kiswahili – lors de son passage au ministère des Travaux publics, où il avait supervisé plusieurs projets d’ampleur.

Il a été élu président sur la promesse de développer la Tanzanie, de lutter contre la corruption et d’améliorer le niveau de vie des plus pauvres.

Mais depuis son arrivée au pouvoir, il a souvent fait fi des procédures et s’est montré peu disposé à accepter la critique, ce qui lui a valu d‘être dénoncé pour des tendances autoritaires et populistes.

L’Unesco a plusieurs fois réclamé l’annulation de ce projet, que l’organisation considère comme “incompatible” avec le statut de site classé au Patrimoine mondial de la réserve.

Le braconnage, l’exploitation minière et le manque de financements sont les autres menaces auxquelles est confronté le Selous, qui couvre 50.000 km2 et abrite une des plus fortes concentrations au monde d‘éléphants et de rhinocéros noirs, notamment.

AFP

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