Rétro 2016 : réussites et déboires de la diplomatie africaine

En 2016, la diplomatie africaine a fait d’innombrables progrès, bien qu’elle a enregistré beaucoup de failles et d’incohérence très souvent.

Le plus grand succès pour toute la diplomatie du continent est l’avènement du ‘‘passeport africain’‘. Bien qu‘étant pour le moment réservé aux chefs d’Etats et autres personnalités, le passport africain est une révolution significative pour les 54 pays que constitue l’Union africaine (UA). Sous les auspices et l’engagement personnel de Mme Nkosazana Dlamini-Zuma (présidente de la Commission de l’UA), ce potentiel ‘‘césame’‘ pour la libre circulation des biens et des personnes a vu le jour. La question fondamentale, demeure cependant, son ‘‘adoption réelle’‘ et sa vulgarisation à toutes les couches sociales du continent africain.

En outre, l’Union africaine (UA) qui est en ce moment en quête d’un ou d’une présidente de sa Commission a organisé un débat historique entre les cinq candidats. Une chose impossible il y a quelques années. Les décisions et l‘élection se passaient à huit clos. Pour l’organisation, l’objectif d’un tel débat est de ‘‘populariser l’instance panafricaine et de créer un dialogue entre candidats et citoyens africains’‘.

Entre pays, la diplomatie a aussi bien fonctionné. Alors que les allégués ‘‘conversations téléphoniques’‘ entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro et Djibril Bassolé (ex-ministre des Affaires étrangères burkinabé) lors du putsch manqué du 27 septembre 2015, polluaient les relations entre la Côte et le Burkina Faso, la diplomatie des deux pays a pris une trajectoire différente. Le président ivoirien Allassane Ouattara a été foncièrement embarrassé par le mandat d’arrêt international par la justice burkinabé à l’encontre de Guillaume Soro. Il a toutefois pris l’engagement d‘établir le dialogue avec le pays voisin (Burkina Faso) pour éviter tout conflit. Très récemment Abidjan a livré aux autorités burkinabés des ex-éléments de la RSP (Régiment de la sécurité présidentiel) qui s’y étaient expatriés après l‘échec du putsch.

Même s’il y a eu plusieurs succès au niveau de la diplomatie africaine, tout n’a pas été pour autant rose.

Exacerbés par les ‘‘injonctions’‘ de l’Ambassadeur de l’UE (Union européenne) au Congo-Brazzaville, Saskia de Lang, accusée ‘‘d’activisme contre à la convention de Vienne’‘, les autorités congolaises ont exigé son départ. Une tension diplomatique qui est intervenue après l‘élection présidentielle du 20 mars 2016 à laquelle l’Union européenne n’a pas envoyé d’observateurs. Elle a par ailleurs jugé que ‘‘le processus n‘étaient pas crédible’‘. Bruxelles a aussi menacé que toute mesure contre sa représentante aura ‘‘un impact sur la relation de confiance entre l’UE et le Congo’‘.

La révolte de la diplomatie africaine en Inde

Les ambassadeurs africains en poste en Inde ont a leur manière manifesté leur colère après la mort d’un enseignant congolais provoquée par des coups de pierres et de briques, un acte raciste. Les ambassadeurs sont montés au créneau pour demander aux autorités indiennes de prendre des mesures appropriés afin d‘éviter ce genre de drames dus au racisme. Ils avaient même envisagé de ‘recommander à leurs gouvernements de ne pas envoyer de nouveaux étudiants en Inde tant que leur sécurité ne sera pas garantie. C‘était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Plusieurs cas similaires de meutres s‘étaient produit par le passé sans qu’il n’y aient de poursuites judiciaires, ni de condamnations de leurs auteurs. Le ministre des Affaires étrangères indien a mentionné que ‘‘les agressions dont sont victimes les Africains ne devraient pas être assimilées à du racisme’‘.

Burundi : quand le facilitateur prend parti!

Benjamin Mkapa ex-président tanzanien et facilitateur dans la crise burundaise a pris partie pour Pierre Nkurunziza qui est contesté par l’opposition. Il a justifié son ‘‘revirement’‘ par cette décalaration : « Des ambassadeurs viennent et présentent leurs lettres de créance au président Nkurunziza (…) le reconnaissent le président de ce pays donc quelle est cette folie ? ». La première interrogation après cette assertion du facilitateur, serait : quelle était sa mission ? Etait-ce de valider la mandature du président burundais ? En tout cas pour l’opposition, le facilitauer par ce geste à lui même ‘‘mis fin à sa mission’‘.

La bataille sans pitié du Maroc pour son retour dans l’Union africaine

Le Maroc a accusé la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA) de faire ‘‘obstruction à son retour au sein de l’organisation continentale. Le pays chérifien a produit un comuuniqué dans lequel il est écrit que Mme Dlamini-Zuma avait ‘‘retardé’‘ de manière injustifiée, la diffusion de la demande du Maroc aux membres de l’UA en septembre. Le retour dans l’UA doit être validé par un vote des Etats membres à la majorité des deux tiers (soit 36 pays). Cette situation donne lieu à une sourde lutte d’influence avec l’Algérie dans les couloirs de l’organisation, qui doit se réunir en sommet début 2017 à Addis-Abeba. Le royaume mène depuis quelques mois une vaste offensive diplomatique pour obtenir les soutiens nécessaires à sa réintégration, avec en toile de fond la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée depuis 1975 par Rabat, et dont le Front Polisario, soutenu par Alger, réclame l’indépendance.
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