Egypte : deux ans de prison pour 51 manifestants anti al-Sissi

Un tribunal égyptien du Caire a condamné samedi 51 manifestants à deux ans de prison pour des rassemblements dénonçant la rétrocession des îles inhabitées de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, d’après des responsables judiciaires et des avocats.

Le 25 avril, jour férié commémorant la restitution du Sinaï à l’Egypte par Israël en 1982, plusieurs mouvements laïcs et de gauche avaient appelé à manifester contre la politique répressive du gouvernement, prenant prétexte de la rétrocession controversée de ces deux îles de la Mer rouge.

Leurs rassemblements avaient été rapidement dispersés à coup de gaz lacrymogènes par la police, qui avait procédé à des dizaines d’arrestations.D’après des responsables de la sécurité et de la justice, ces personnes ont été jugées pour “manifestation sans permis” et “attroupement”.

En outre, selon des avocats de la défense, 33 condamnés sont en détention. Ils peuvent interjeter appel.

Hossam al-Khadrawy et Ahmed Abdel Latif, deux avocats de la défense qui on assisté à l’audience fermée à la presse, ont confirmé le verdict, précisant qu’ils allaient faire appel pour leurs clients.

Depuis la vague de critiques déclenchée par la rétrocession des deux îles, les autorités égyptiennes ont interpellé plusieurs opposants, notamment deux journalistes et un célèbre avocat. Les autorités les soupçonnent d’inciter à des manifestations contre le gouvernement.

Des ONG de défense des droits de l’Homme accusent le président Abdel Fattah al-Sissi de diriger un régime ultra-autoritaire et répressif depuis qu’il a destitué en 2013 son prédécesseur islamiste démocratiquement élu, Mohamed Morsi.
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