CPI : un ex-chef d'Ansar Dine poursuivi pour destruction des mausolées

Ahmad Al Faqi est soupçonné d’avoir “activement participé” à la destruction des mausolées de Tombouctou pendant l’occupation des villes du nord en 2012 par Ansar Dine.

Ahmad Al Faqi, présenté par la CPI comme ancien chef du groupe djihadiste Ansar Dine est accusé d’avoir joué “un rôle majeur” dans la destruction des mausolées de Tombouctou au Mali en 2012. Des dommages “irréparables” au patrimoine culturel de l’Afrique ; des sites religieux ayant également été détruits.

“M. Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi et ses co-auteurs ont révélé au monde entier leur mépris pour ces bâtiments et pour les règles établies par le Statut de Rome, qui définit un tel comportement comme un crime de guerre. Soyons clairs (…) ce qui est en jeu ici, c’est non seulement les murs et les pierres des mausolées détruits, importants d’un point de vue religieux, d’un point de vue historique et d’un point de vue de l’identité “, a déclaré la procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda.

Ce procès est donc très attendu par les familles des victimes de Tombouctou, mais également par les professionnels du droit international. C’est la première fois que la CPI se penche sur un dossier de présumé terroriste depuis sa création.

Les poursuites contre Ahmad Al Faqi font suite à la demande des autorités maliennes auprès de la CPI d’enquêter sur les cas de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis par les groupes armés au nord du pays.

Cette audience de confirmation des charges doit s’étendre sur deux jours, et se présente en deux volets. La première journée (qui prend fin demain) étant consacrée à la présentation des éléments du Bureau du Procureur. Puis interviendra dans la journée de mercredi, la réponse de la défense. Al Faqi et ses avocats devraient apporter des éléments pour contrer les charges du procureur.

Le patrimoine

Connue sous le nom de la “ville des 333 saints”, Tombouctou était un centre commercial et de retraite spirituelle fondé au 14e siècle. Elle avait un rôle majeur dans la propagation de l’Islam à travers le continent africain. La ville est restée aujourd’hui un haut lieu de pèlerinage pour les populations.

Fatou Bensouda a présenté l’accusé comme un “savant religieux” selon ses disciples, qui avaient aidé dans la planification des attaques du patrimoine de Tombouctou.

“Nous allons prouver que M. Al-Mahdi a étudié un plan commun pour attaquer ces sites, bâtiments et monuments. Il était proactif ; un leader déterminé dans cette attaque. Il a supervisé en sa qualité de chef de brigade de la morale, la Hisbah. Il a physiquement participé à l’attaque et à la destruction de ces biens”, a déclaré la procureure, qui a ajouté que la plupart de ses complices sont presque tous morts aujourd’hui.
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