Kenya
Soixante-dix ans après la révolte des Mau Mau contre la colonisation britannique, leurs derniers combattants disparaissent dans l’oubli.
Le général Christopher Njora Muronyo, figure majeure de la résistance, a été enterré samedi dans une modeste cérémonie, sans hommage officiel. Son histoire, comme celle de milliers d’autres, révèle l’ingratitude d’un État qui a tourné le dos à ceux qui ont payé le prix de l’indépendance.
Les Mau Mau ont mené une guérilla acharnée contre l’occupation britannique. Leur leader emblématique, Dedan Kimathi, a été pendu en 1957. Muronyo, son compagnon d’armes, a survécu, mais comme des milliers d’autres, il n’a jamais été reconnu. Pire : il est mort sans avoir récupéré les terres volées par les colons.
Entre 10 000 et 90 000 Kenyans ont été tués pendant la répression coloniale. 160 000 autres ont été emprisonnés dans des camps où torture et exécutions étaient monnaie courante. Pourtant, après l’indépendance, les Mau Mau ont été marginalisés, voire persécutés par le gouvernement de Jomo Kenyatta. Leur mouvement est resté classé comme « terroriste » jusqu’au début des années 2000.
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