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Le départ français du Niger, un défi logistique et sécuritaire

Le départ français du Niger, un défi logistique et sécuritaire
Des soldats français chargeant un drone Reaper français avec deux missiles GBU 12 sur la base aérienne de Niamey, au Niger   -  
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Malaury Buis/AP

Niger

Le retrait des militaires français du Niger, après plus de dix ans dans ce pays devenu clef pour les opérations anti-djihadistes dans la région, représente un casse-tête à la fois logistique et sécuritaire pour les armées tricolores.

Deux mois après un coup d'Etat de militaires hostiles à la France, le président français a annoncé dimanche soir la "fin (de) notre coopération militaire" avec le Niger, précisant que les 1 500 militaires français partiraient "dans les semaines et les mois qui viennent" et que le retrait serait achevé "d'ici la fin de l'année", soit d'ici trois mois.

Le défi logistique s'annonce de taille : le Niger servait depuis 2013 de plateforme de transit pour les opérations anti-djihadistes menées au Mali, avant de devenir le cœur du dispositif français dans la région après le retrait forcé des troupes françaises du Mali et du Burkina Faso, depuis l'été 2022.

Le Niger représente "dix ans de vie opérationnelle dans le Sahel, et forcément, ça va prendre un peu de temps, parce que ce n'est pas un déménagement qui se fait comme ça en seulement quelques instants", a déclaré lundi sur LCI le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu.

Après avoir conclu un partenariat de combat avec le Niger contre les groupes djihadistes, la France a discrètement étoffé sa présence militaire à Niamey, avec des blindés ou encore des hélicoptères, venus renforcer les cinq drones Reaper et au moins trois avions de chasse Mirage déjà sur place.

L'enceinte française, située au sein de la base nigérienne 101 de la capitale, accueille des centaines de préfabriqués qui font office de bureaux, du matériel informatique, des hangars et abris modulaires pour les aéronefs, des tentes sur la base de vie, des cabines de pilotage pour les drones, des bulldozers du génie ou encore des camions de pompiers.

Les Français devront également lever le camp sur deux postes avancés, à Ouallam et Ayorou (nord-ouest), d'où ils opéraient en appui des force nigériennes près de la zone dite des Trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, où sont implantés les groupes djihadistes.

Rien n'a filtré à ce stade sur les étapes du retrait. L'état-major prépare "plusieurs options", selon son porte-parole Pierre Gaudillière qui assure que "les manœuvres seront coordonnées" avec le Niger. Reste à savoir si les militaires nigériens au pouvoir faciliteront la tâche aux Français.

Le régime a souhaité lundi soir "un cadre négocié" avec Paris pour le retrait des troupes françaises de son sol. En attendant, Niamey a interdit jusqu'à nouvel ordre le survol de son espace aérien aux avions français.

"Il va falloir aussi que la junte nigérienne évidemment s'abstienne de toute forme de provocation et s'assure de la sécurité de cette manœuvre", a souligné M. Lecornu sur LCI.

L'enjeu sera logistique tant autant que sécuritaire, dans un pays où plusieurs manifestations antifrançaises ont éclaté depuis le coup d'Etat du 26 juillet contre le président Mohamed Bazoum.

La majeure partie des hommes et des équipements devrait transiter par Cotonou, ce qui pose la question de la sécurisation de l'acheminement terrestre par le nord du Bénin, tandis qu'une autre partie pourrait être aérotransportée, par des avions militaires ou des affréteurs privés, selon des sources concordantes.

Les destinations ne sont pas encore arrêtées et plusieurs options sont évoquées par ces sources : le territoire national, le Tchad voisin qui accueille l'état-major des forces françaises au Sahel, ou encore d'autres théâtres où sévissent les djihadistes, comme la Côte d'Ivoire voire plus loin, au Moyen-Orient.

Au Mali, le désengagement avait commencé par les trois emprises les plus au nord du pays, mobilisant 400 logisticiens envoyés en renfort. Pour le démantèlement Gao, la plus grande emprise française du pays, 6 000 containers avaient été mobilisés.

Nul ne sait qui occupera les espaces laissés vacants par les Français au Niger. Au Mali, le départ français avait laissé un goût amer : les bases de Menaka, Gossi et Tombouctou avaient très rapidement été occupées par les paramilitaires russes de Wagner.

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