Afrique du Sud
Accusé d’avoir joué un rôle majeur dans le génocide au Rwanda, Fulgence Kayishema, 62 ans, va demander l’asile en Afrique du Sud.
Arrêté le mois dernier près du Cap après une cavale de 22 ans, le ressortissant rwandais a transmis sa demande à son avocat mardi. Ce dernier a précisé à l’issue d’une audience devant le tribunal du Cap la veille que l’accusé craignait pour sa vie s’il est extradé. Le parquet a confirmé sa requête, ajoutant qu’il renonçait à sa demande de mise en liberté sous caution.
Fulgence Kayishema serait l'un des quatre derniers fugitifs recherchés pour leur rôle dans le génocide en 1994 de 800.000 Rwandais en majorité tutsi par des extrémistes hutu.
Il doit répondre de nombreux chefs d’inculpation liés à son séjour irrégulier en Afrique du Sud, cette demande d’asile risque de retarder son procès dans le pays.
Au Cap, la prochaine audience aura lieu le 18 août.
Selon le parquet sud-africain, il aurait fondé une famille pendant sa cavale et avait demandé, sous un nom d'emprunt et en prétendant être burundais, d'abord l'asile dès l'an 2000 puis le statut de réfugié en 2004.
Il aurait emprunté plusieurs fausses identités, la dernière en date celle de Donatien Nibashumba.
Inspecteur de police judiciaire pendant le génocide au Rwanda, il a "directement participé à la planification et à l'exécution" du massacre de plus de 2.000 Tutsis réfugiés dans l'église de Nyange (nord-est), selon les procureurs de l'ONU.
Il était visé par un mandat d'arrêt émis par le Mécanisme international (MICT) chargé depuis 2015 d'achever les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) mis en place par l'ONU après le génocide.
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