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France : 9 ans de prison pour l'agression mortelle d'un Guinéen

France : 9 ans de prison pour l'agression mortelle d'un Guinéen
Photo d'archives du 26 juillet 2019 : une femme à une marche blanche devant l'université de Rouen en hommage à Mamoudou Barry   -  
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LOU BENOIST/AFP or licensors -

France

Un homme schizophrène de 32 ans a été condamné vendredi à neuf ans de prison pour des coups mortels sur un chercheur guinéen en 2019 à Rouen et des insultes racistes.

La cour criminelle de Seine-Maritime est allée en deçà des réquisitions de l'avocate générale Marion Meunier, qui avait requis dans la matinée 12 ans de réclusion contre cet homme de 32 ans, hospitalisé en unité pour malade difficiles (UMD) depuis son arrestation.

L'accusé "est schizophrène. S'il est en rupture de soin (comme le jour des faits NDLR), il est capable d'être dangereux mais son père et sa curatrice de l'époque ont dit qu'il est capable de se maîtriser", avait souligné Marion Meunier.

Pour elle, comme pour la cour, le discernement de l'accusé, sous curatelle renforcée depuis 2013, était altéré et non aboli, contrairement à ce que plaidait la défense, le 19 juillet 2019.

Ce jour-là, à Canteleu, dans la banlieue de Rouen, Mamoudou Barry, 31 ans, un chercheur guinéen, était descendu calmement de sa voiture pour tenter de comprendre les "insultes racistes" que venait de proférer l'accusé, a expliqué la magistrate.

Selon l'épouse de la victime, l'agresseur avait alors fait référence à la finale Sénégal-Algérie de la Coupe d'Afrique des Nations de football qui se jouait ce soir-là.

Cet homme avait roué de coups l'universitaire : "Il a frappé fort, y compris quand la victime se retrouve au sol" et "il y a bien des insultes racistes proférées avant et après l'agression", a poursuivi la magistrate, qualifiant les faits d'"agression purement gratuite". Il "n'a laissé aucune chance à la victime", a martelé Mme Meunier.

Mamoudou Barry, père d'une enfant de deux ans, est décédé le lendemain des suites de ses blessures. Pendant les réquisitions, l'accusé, encadré de trois infirmiers, est demeuré comme le plus souvent au cours de ce procès, le regard vide.

La défense avait elle demandé à la cour de le déclarer irresponsable pénalement. "Il est acquis qu'il y a eu un vécu hallucinatoire dans le parcours de vie" de l'accusé et "un syndrome délirant a été constaté quelques jours après son interpellation", a argumenté Herveline Demerville.

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